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Blog de Samir Ghezlaoui

La guerre au Mali n’est pas algérienne !

19 Janvier 2013 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

La guerre au Mali n’est pas algérienne !

Par Samir Ghezlaoui

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Le gouvernement algérien a cédé, ce qu’il n’a pas fait depuis 1962, au nom de son «amitié» avec l’actuel gouvernement français, en acceptant l’ouverture de son espace aérien au survole d’avions militaires autres que ceux de l’ANP. Pire encore, se sont des avions français, déclarant la guerre à un pays voisin. Ceci a déclenché la colère de la majorité du peuple algérien, jaloux de sa souveraineté nationale, et qui pense surtout que la guerre au Mali n’est pas la notre.

Malgré ça, on se disait qu’ouvrir l’espace aérien pourrait être notre contribution à l’arrêt de la poussée des terroristes islamistes au Front du Mali. Jusqu’au-là, la position de l’Algérie est considérée comme étant la moins pire au niveau de l’opinion publique locale et «très respectable» au niveau de l’opinion publique internationale, ah pardon française.

Réclamant plus de l’Algérie, les chargés de mission de Belmoukhtar, vrai PDG pour une vraie-fausse multinationale terroriste, veulent impliquer davantage le plus grand pays africain dans le conflit au Mali et l’internationalisant, au moment au l’Union européenne elle-même refuse de venir en aide logistique et militaire à l’armée française.

Tout était prêt au préalable, des «armes modernes», des explosifs et une ligne directe des djihadistes avec les médias de la propagande terroriste comme Al-Jazzera et une agence de presse mauritanienne. Malheureusement, beaucoup de journalistes algériens sont tombés dans ce piège et mordu à l’hameçon, en alimentant la surenchère médiatique et propageant la propagande terroriste. Les médias étrangers ont suivi ce nuage de mélange fougueux entre informations et intox. Et pour que la boucle soit bouclée, les capitales occidentales s’en mêlent, au nom de la protection de leurs ressortissants pris en otages.

A ce stade, les terroristes ont presque atteint leurs objectifs: éviter un assaut de l’armée algérienne, faire durer le plus temps possible la prise d’otages et enfin inviter les pays occidentaux à s’ingérer dans les affaires internes de l’Algérie et envoyer leurs forces spéciales sur le sol algérien. Le but était donc de forcer la main à l’Algérie et l’obliger à accepter des forces militaires étrangères à l’intérieure de ses frontières, chose que refuse Alger depuis plusieurs années. La preuve de cette volonté ? Plusieurs otages libérés affirment que le groupe terroriste visait uniquement le personnel étranger du site gazier.

Après le premier assaut de l’ANP, dont les responsables sont loin d’être dupes et ont fait savoir aux terroristes que ça ne va pas se passer comme ils le souhaitaient, les fous intégristes passent au deuxième plan: focaliser leur effort sur les USA et demandant la négociation directe avec Washington. Parallèlement à ça, les boucliers médiatiques occidentaux sont levés contre l’Algérie et l’intervention de l’ANP à In Aminas. On ne parle plus de l’intervention française au Mali qui tourne au fiasco, pour l’instant. On insiste sur le fait que le bilan de l’intervention contre les ravisseurs dans la base de vie soit catastrophique, en prenant le seul critère ; les otages occidentaux. Or, près de 600 otages algériens ont été libérés avec une centaine d’étrangers. 

Pour toutes ses raisons, quelque soit l’issue finale de cette prise d’otage, l’Algérie doit radicaliser, encore plus, sa position souverainiste. Ceci passera forcément par plusieurs points: renforcer la sécurité des sites gaziers et pétroliers au sud du pays, renforcer la fermeture des frontières (sud, sud-est et sud-ouest) et ne les ouvrir que temporairement et périodiquement (notamment pour des raisons humanitaires), et surtout arrêter la moindre collaboration avec l’armée française, en fermant l’espace aérien algérien et l’interdiction du survole des avions français qui bombardent le nord du Mali. L’Algérie est un pays souverain et indépendant, notre gouvernement doit, au moins sur ce point, se soumettre à la volonté populaire surtout que la prise d’otage en cours confirme que notre pays n’a rien à gagner et tout à perdre en se retrouvant, de son gré ou de son malgré, impliqué dans une guerre qui n’est pas la notre. S.G.

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