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Blog de Samir Ghezlaoui

La science contre la guerre

23 Décembre 2013 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

La science contre la guerre

Par Samir Ghezlaoui

L’ingénieur russe Mikhaïl Kalachnikov est mort le 23 décembre 2013, à l’âge de 94 ans. L’inventeur, en 1947, du fusil d’assaut qui porte son nom est mort, modeste, presque pauvre, en tout cas sûrement beaucoup moins riche que les vendeurs d’armes, étatiques ou privés, qui ont exploité sauvagement son invention. Et pour cause, selon Le Monde, il «n’a jamais touché un centime, sur la vente des millions de fusils à son nom».

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Cette information conforte, au fond de l’esprit, que le génie scientifique humain est, sauvagement et pragmatiquement, exploité par un génie, certes aussi humain, mais maléfique. Et suscite, en même temps une petite réflexion. Les sains pouvoirs de la SCIENCE -dans ses deux pôles: sciences philosophiques et sciences d’artefacts- sont, en effet, détournés par le Politique et le Capital, pour satisfaire des fins très étroites. Aujourd'hui, devant cette situation alarmante, on constate que les scientifiques, porteurs du développement et de la civilisation humaine, sont complètement hors du jeu décisionnel des grandes puissances mondiales et, surtout, de leurs homologues du tiers monde. A tort. Quoiqu'on ait tendance à nier radicalement le rôle de la science dans la régulation de la vie humaine, il n'y a que les chercheurs et les hommes des sciences, humaines, sociales et techniques, qui peuvent proposer des solutions concrètes pour instaurer la paix, au sens très large, dans le monde.

Cela passe notamment par les trouvailles d’alternatives pour les énergies contestées comme le pétrole et le nucléaire. L’avis prochain peut paraître si naïf, et si idéaliste ; mais tant pis. Ces énergies sont une raison et une fin-en-soi de toutes les guerres contemporaines entre humains, les uns contre les autres, mais aussi de l’humain contre son environnement. Dans les deux cas, il y a toujours les mêmes gagnants: les multinationales de l’énergie et des armements ; et les gouvernements complices. Il y a aussi, malheureusement, des victimes collatérales, beaucoup de victimes: les races terriennes, humaine, animale et végétale. Tout en y rendant les riches, encore plus riches, et les forts, encore plus forts, la guerre ne peut qu’aggraver davantage, la misère, la déshéritée et la désunion des peuples, qui eux n’y ont rien à gagner.

Retrouvons ici le monsieur Kalachnikov, dont le nom est souvent féminisé pour nommer l’arme qu’il a inventée. Il y a quelques années, cet ingénieur russe, aurait déclaré aux médias qu'«il aurait aimé être l'inventeur d'un balai !?». Oui un balai pour aider l'homme à nettoyer son environnement. Au lieu de cela, il a crée un balai automatique qui nettoie l'homme de son environnement.

On retrouve, d’ailleurs, le même regret chez Alfred Nobel, qui a mis sa fortune à la disposition de la science, dans le but de se racheter auprès de l'humanité pour la peine qu'il lui a causée avec sa dynamite, bien que ses intentions étaient d'améliorer la vie humaine et non de la détruire. Ses efforts sont plutôt vains. Puisque, après sa mort, le prix qui porte son nom, particulièrement celui consacré à la paix, est volontairement politisé et orienté selon les agendas et les priorités des oligarchies économico-politiques qui gouvernent notre cher monde, fort heureusement mortel. 

Un troisième exemple, différent des deux premiers, mais qui partageait avec eux la même prétention, celui d'Albert Einstein. Ce génie du 20e siècle a vu la récolte fructueuse de toute une vie pleine de sacrifices, en l'occurrence sa fameuse équation E=MC2 se transformer en une bombe, qui peut faucher des milliers de vies en une fraction de secondes.

Et voilà ce qui nous ramène à donner l’exemple des plus funestes armes : la bombe nucléaire. Autour de l’énergie nucléaire, la diplomatie mondiale souvent se déconcerte. Le nucléaire devait, pourtant, être un présent divin pour l'humanité, avec une exploitation civile rationnelle et modérée. Cependant, les intérêts économiques et les enjeux politiques l'ont transformée en une menace contre l'existence-même de l'homme, avec une utilisation militaire irresponsable et civile immodérée.

La solution, donc, n'est sûrement pas la limitation de la possession de l'arme atomique, à quelques pays. Un missile nucléaire à Washington n'a rien de plus rassurant pour nous qu'un autre missile de la même nature à New Delhi. L'histoire n'oubliera jamais que les Etats-Unis d'Amérique ont été le seul pays à avoir utilisé l'arme atomique contre des centaines de milliers d'innocents civiles à Hiroshima et Nagasaki. Le dictat de l’arme nucléaire n’est plus acceptable, surtout qu'il suffit d'un coup de téléphone, de la part d'une personne assise sur un fauteuil en cuir -et qui, peut-être, ne connaît rien en chimie et en physique non plus, ou pire, parfois carrément débile- pour mettre la vie humaine en péril et menacer le système solaire tout entier, de lui ravir la plus belle et la plus vivante de ses planètes. La solution efficace, mais surtout rassurante pour l'humanité, ne peut être donc que d'avoir le courage de discuter au sein même des Nations-Unies, de la question de la destruction de toutes les têtes nucléaires sans exception, du Far West jusqu'au désert de Sibérie, en passant par le bassin méditerranéen et la Terre-Sainte. Tout l’argent fou, destiné à fabriquer cette arme infernale et tant d’autres, vaudrait mieux le renverser pour encourager toutes les recherches et les travaux scientifiques, qui vont dans le sens de l'utilisation pacifique et civile de l'énergie nucléaire ; et plus important encore, développer d'autres énergies renouvelables, plus sûr, comme l'énergie solaire.

En fait, toute l'histoire, c’est celle du combat éternel du bien contre le mal, pourvu que le premier l’emporte, comme dans les histoires, à fins heureuses, de nos grand'mères. Dans la vie, il y a deux pôles; un pôle positif et un pôle négatif et la science a, malheureusement, sa place dans les deux pôles. Le premier pôle est nommé Le Mal. Celui-ci est un cercle vicieux infernal, composé de plusieurs étapes: l'histoire commence quand une bande de fonctionnaires, de mauvaise foi, réussissent un bon coup de détournement de l'argent public. Avec cet argent, ils ouvrent une usine d'armements en recrutant les meilleurs ingénieurs, convaincus qu'ils rendent un service pour leur patrie. La phase marketing de leur projet, pour assurer un grand chiffre d'affaires est très simple; armer le maximum de milices autour des gisements gaziers, des puits de pétrole ou de mines d'or et d’uranium, un peut partout dans le monde. Ce n'est pas vraiment important pour eux si les éléments armés sont des jeunes ou des vieux, des enfants ou des femmes. L'essentiel c'est que chacun d'entre eux puisse porter une arme, qu'il soit même un bébé, on s’en fout. Pour développer leurs activités, les ex-mafieux, atteignant leur mutation ultra-capitalise, investissent, contre leur nature, dans des domaines qui sont censés épauler l'homme dans sa vie quotidienne, et lui assurer une vie digne et plus moderne. Si l'ambition de l'un des patrons atteint un degré pathologique, il tentera le gros lot: s'accaparer la technologie nucléaire, celle de la bombe H. La fin du film qui tourne en boucle: des tonnes de déchets toxiques, des quantités invraisemblables de gaz à effets de serre, réchauffement climatique accéléré, une couche d'ozone de plus en plus affaiblie et des milliers d’écosystèmes volent en éclats et des milliers, voire des millions, de vies humaines essoufflées et gâchées .

Le deuxième pôle s'appelle Le Bien; c'est un système horizontal où tout le monde a les mêmes valeurs humaines et peut contribuer à sa manière, depuis la place qu'il occupe dans la vie, dans l'élaboration d'un but unique, idéal; celui de la protection de l'homme et de son environnement. Les scientifiques, qui activent dans cet axe, essayent de contrer leur «camarades» du premier camp. Ils se concentrent sur les projets du développement des énergies renouvelables et toutes sortes d'inventions pacifiques et écologiques. Aujourd'hui l'effort d'un scientifique, de bonne foi, doit se focaliser sur l'augmentation de l'espérance de vie de la planète Terre et de toutes les espèces qui l'occupent. Tous les gouvernements des pays, rassemblés sous le toit des Nations-Unies et autres, doivent encourager les sciences dans leurs volets pacifiques par rapport à l'homme et sa nature. Ils doivent utiliser la force de la loi et de la réglementation, pour arrêter et punir les assassins-pollueurs. Beaucoup de projets scientifiques, à travers le monde, peuvent faire l'affaire. On doit seulement déployer les moyens financiers et humains, pour les promouvoir.

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