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Blog de Samir Ghezlaoui

La violence substitue au dialogue social:« Logement ou émeute »!

19 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

La violence substitue au dialogue social : « Logement ou émeute » !

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 20/03/2010

policiers_algeriens_sous_des_jets_de_pierres_lors_d_une_man.jpgComme attendu, à la suite du relogement des quelques cinq cents familles du quartier Diar Echems, secoué en octobre dernier par des violents affrontements entre les malheureux postulants pour le logement social et les force de l’ordre, des échauffements éclatent un peu partout dans les quartiers de fortune et les bidonvilles entourant Alger. Ainsi, les routes barrées, les barricades, les pneus en feu et les cocktails Molotov ont pris la place des documents administratifs constituant les dossiers, bureaucratiques, des demandes de logement qui tardent à venir. Les habitants contestataires, notamment les jeunes, pensent avoir entre leurs mains une meilleure solution pour s’accaparer une habitation décente. Pour eux, il n’y a plus de place pour le dialogue social pacifique, il n’y a que les émeutes qui mettent la pression sur les autorités locales afin de prendre en compte et en charge, sérieusement, les doléances des citoyens qui ont ras-le-bol de cette misère.

Eremli en feu

La plupart des habitants des gourbis algérois s’impatientent pour bénéficier d’un appartement respectueux parmi les logements promis par la wilaya dans le souci d’éradiquer les quartiers précaires qui gâche l’image de la Capitale. Tout le monde, alors, se croit prioritaire par rapport à d’autres habitants. Avant-hier, c’était le tour des habitants d’Oued Smar pour sortir dans la rue et réclamer des logements convenables à la place des baraques de fortune qu’ils occupent. Vers 10h du matin, des dizaines des jeunes ont brûlé plusieurs pneus usés à côté de la voix ferrée dans le quartier d’Eremli. En faisant une viré hier sur place, nous avons constaté que les choses étaient plutôt calmes, aucune trace des échauffements. « C’était une petite émeute déclenchée par des jeunes qui ont mis du feu dans des pneus au milieu de la rue. Maintenant, les choses sont calmes », nous a déclaré un quinquagénaire que nous avons rencontré devant sa malheureuse maisonnette. Et c’est vrai que nous avons eu des difficultés pour recueillir des témoignages concernant l’« émeute ». Les gens ne voulaient rien dire. Cependant, selon les quelques informations que nous avons eu, les jeunes déclencheurs de la contestation ont, vite, renoncé à leur action juste avec l’arrivée des gendarmes sur les lieux. Ces derniers ont réussi à contenir, rapidement, cette manifestation de colère. Sur la route du retour, nous avons eu droit, quand même, à une réponse satisfaisante d’un jeune à propos des raisons de cette émeute. « Les habitants de Diar Echems sont relogés grâce à l’émeute et la force. Nous voulons faire de même pour bénéficier de logements à notre tour. C’est la seul façon pour obliger les autorités à nous écouter », a-t-il sonné.

Nouveau mode de communication ?

Et oui, en Algérie de 2010, le nouveau mode de communication préféré entre les gouvernés et les gouverneurs, est l’émeute. Apres celles de la Kabylie et de l’Oranie, arrive celle des bidonvilles algérois. A la place du dépôt, vain, d’un dossier légal de demande de logement, la nouvelle astuce est moins compliquée. D’après certains jeunes, il suffit de mettre le feu dans des pneus ou des poubelles, barrer la route pour quelques heures et dans la mesure du possible lancer quelques projectiles sur les forces de l’ordre, pour espérer avoir un logement décent.

Dans ce sens, les même scènes de Diar Echems, mais moins violentent et vite étouffées, se sont reproduites partout dans les quartiers précaires d’Alger. C’est le cas à Djenane Sfari à Birkhadem, où sont recasés les relogés de Diar Echems, de Zaâtcha, quartier relevant de la commune de Sidi M’hamed, la ferme Gregory près de Kouba et enfin à Saoula. Toutes ces cités vulnérables veulent leur part de logements. Ce qui augmente le risque de nouveaux dérapages. Pour rappel, le wali d’Alger avait annoncé la distribution de 10 000 logements au niveau de la wilaya d’Alger. Cette décision échauffe, davantage, les esprits des locataires des bidonvilles qui s’impatientent pour figurer dans la liste des bénéficiaires. De leurs côtés les habitants du vieux bâti espèrent un relogement dans les meilleurs délais à cause du danger et la précarité qu’ils vivent au quotidien. Ces deux franges de la société ont marre de voir les noms des affairistes et des opportunistes figuraient, à chaque nouveau affichage, sur listes des bénéficiaires au détriment des vrais ayants-droit. Il faut s’attendre au pire, Alger est sur poudrière !

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