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Blog de Samir Ghezlaoui

Les syndicats de l'éducation: L'échec né de la discorde

28 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Les syndicats de l'éducation
L'échec né de la discorde

Par Samir Ghezlaoui
In Tribune Des Lecteurs du 01/03/2010

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La grève dans le secteur de l’éducation a complètement gâché l’année scolaire en cours. Désormais, quoi qu'il se passe dans les jours à venir, le ministère de l'Education nationale et les syndicats autonomes, ou affiliés à la centrale syndicale, ont perdu leurs paris lancés au début de l'année scolaire. Toutefois, ce n'est ni la tutelle ni les autres qui payeront ces échecs. Comme d'habitude dans cette Algérie pleine de revers, c'est le simple citoyen qui paie le prix fort de la mauvaise gérance. Cette fois-ci, ce sont les élèves des trois paliers, sous la tutelle de Boubekeur Benbouzid, qui se sacrifient à cause des décisions contestées de ce dernier. Mais les syndicats ne sont pas, tout à fait, exempts et ont eux aussi une grande part de responsabilité dans ce malaise, pesant sur l'école algérienne. Hier, encore, les élèves n'ont pu rejoindre leurs salles de classe. Tous les établissements scolaires étaient paralysés, au grand dam des candidats aux différents examens de fin d'année. On va, donc, droit vers le mur. La piste de l'année blanche se précise. Les parents d'élèves, seuls vrais défenseurs des intérêts de leurs enfants, commencent à pointer de doigt les syndicats qui ne veulent pas mettre un terme à leur grève. Cependant, les organisations syndicales, du moins celles qui maintiennent la pression, se dégagent d'ores et déjà de la responsabilité des éventuelles retombées négatives des débrayages sur l'avenir des élèves.

La grève continue


Les syndicalistes renvoient la balle au ministère de l'Education. Selon eux, le seul " coupable " de " l'anéantissement " du secteur de l'éducation est le département de Benbouzid. Puisque ce dernier continue à jouer au sourd-muet dans le traitement de ce dossier. C'est ce qu'a affirmé le président du Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (CNAPEST), Nouar Larbi, joint hier par téléphone. " Il n'y a eu aucun contact avec le ministère. Notre tutelle persiste dans sa fuite en avant et refuse de donner les vraies solutions aux vrais problèmes ", a-t-il souligné. Le responsable du Cnapest a confirmé que le taux de suivi de la grève, menée par ce syndicat conjointement avec l'Union nationale du personnel de l'éducation et de la formation (UNPEF), a atteint 92% au niveau national. Ce chiffre démontre, en fait, l'ampleur et l'importance du débrayage auquel ont appelé le Cnapest et l'Unpef depuis le 24 février.
Le Secrétaire général de l'Unpef, Sadek Dziri, nous a indiqué hier, de son côté, que l'implication des fonctionnaires de l'éducation dans cette grève est " presque parfaite ", aux quatre coins du pays. " Nous avons constaté un taux de suivi variant entre 80 et 98% ", a-t-il précisé. Au-delà de la guerre habituelle des chiffres entre les syndicats et le ministère, dans des circonstances pareilles, les responsables, des deux syndicats protestataires, parlent d'un " manque de sérieux " et des leurres de la part du ministre de l'Education lui-même. Toujours, d'après nos interlocuteurs, le litige qui les oppose à leur tutelle, se pose autour de trois points principaux qu'il faut impérativement régler: le dossier des indemnisations, les œuvres sociales et la médecine du travail.


Syndicalisme et leadership !

 
Faisons, donc, une lecture de la situation générale, qui règne actuellement sur le secteur de l'éducation nationale. Primo, Boubekeur Benbouzid a tort de penser que tous les problèmes du secteur sont réglés avec son annonce des nouvelles grilles des salaires et des indemnisations. " Une grille erronée ", selon le Cnapest et l'Unpef. Secundo, les syndicats du secteur sont contraints de vivre une crise de crédibilité envers l'opinion publique et particulièrement les parents d'élèves, à cause de la publication des revalorisations dans la presse nationale. Les gens ne comprennent pas le fait que certaines organisations syndicales ont accepté l'offre du ministère, et, du coup, ont gelé leurs mouvements de contestation, tandis que d'autres poursuivent la grève. Faut-il rappeler que le Conseil national des lycées d'Algérie (CLA) et le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (SNAPEST), ont suspendu leurs grèves, juste après l'annonce des nouvelles mesures ministérielles. Les parents d'élèves se demandent, donc, où est l'intérêt de l'élève dans la discorde qui décrit la relation entre les différents syndicats de l'éducation ? Cette question pressante, nous l'avons posée au porte-parole du CLA, Achour Idir, au début de tous ces mouvements de débrayage. Ce dernier nous a témoigné qu'il y avait une volonté de son syndicat, pour organiser une action commune de tous les syndicats du secteur. Mais depuis, rien n'est fait. " Le ministère a peur de l'union des syndicalistes. Du coup, il sème le doute et tente tant bien que mal de diviser les rangs des militant syndicaux et de les discréditer aux yeux de l'opinion publique nationale", a déclaré Achour Idir, à mainte reprises, pour Tribune Des Lecteurs. Hier, nous avons posé également la même question à Sadek Dziri, de l'Unpef, qui a répondu diplomatiquement que " chacun a sa façon de militer et de voir les choses ", tandis que le SG du Cnapest était plus clair et plus direct dans sa réponse. " Le militantisme syndicale ne jure que par le terrain. Le ministère ne peut pas cacher ou ignorer la réalité. Franchement, les autres syndicats parallèles ne représentent rien. Il n'ont aucun poids dans notre secteur ", a rétorqué Larbi Nouar.
Il faut dire que le taux de suivi de la grève du Cnapest marque des records. Cela dit, la discorde entre les différents syndicats de l'éducation nationale bloque l'aboutissement vers des solutions fiables, équitables et durables, au malaise qui ronge ce secteur d'un côté et qui met en jeu l'avenir des milliers d'élèves qui risquent une année sans école, de l'autre. Attendons pour voir… 

 

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