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Blog de Samir Ghezlaoui

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Le militantisme étudiant face au défi du changement

19 Mai 2011 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Politique

55ème anniversaire du Jour de l’Etudiant

Le militantisme étudiant face au défi du changement

 19 mai 1956: «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres!» ;

19 mai 2011: «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs chômeurs!».

 

Par Samir Ghezlaoui

Le jour de l’étudiant est célébré cette année dans des conditions agitées. L’université algérienne ne se calme toujours pas, après près de quatre mois d’ébullition. Les étudiants qui se sont révoltés contre les réformes universitaires «non réfléchies», ont eu l’audace de s’organiser en plusieurs comités autonomes pour réclamer leurs droits pédagogiques mais aussi émir leurs avis sur la nécessité du changement politique dans notre pays, contribuant ainsi aux débats sur cette question vivace qui anime le quotidien algérien, indissociable du printemps démocratique aux pays des dictatures.

Dépolitiser pour régner

Le 19 mai 1956, les étudiants et les lycéens algériens ont répondu présents à l’appel du devoir, lancé par le Front de Libération Nationale (FLN révolutionnaire) des Abane, Ben M’hidi, Boudiaf et les autres pour rejoindre la lutte armée et déserter les bancs d’école et les amphithéâtres. «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadaUGEMA.jpgvres!», ont écris les militants de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) dans une déclaration annonçant leur grève générale. 55 ans après, cette expression est toujours d’actualité pour les étudiants qui ont affirmé durant les différentes actions de contestation de ces dernières semaines: «Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs chômeurs!». Non seulement, la tutelle répond par la sourde oreille aux revendications pédagogiques, réclamant une formation de qualité et un diplôme de valeur, mais les responsables du secteur stigmatisent l’engagement politique de ces étudiants qui demandent plus de démocratie et un régime politique qui peut assurer une vraie politique de recrutement pour les diplômés universitaires. Appliquant la sentence néocolonialiste à l’algérienne: «dépolitiser pour régner», faire de la politique au sein des campus notamment par les étudiants autonomes est devenu depuis quelques années un péché. Pourtant, la lutte estudiantine n’était jamais contradictoire avec le fait politique national. Les étudiants étaient, de tout temps, les meneurs d’une pensée politique nationaliste et démocratique en Algérie. Le fuel politique c’est eux. Et ce n’est pas les partis de l’alliance présidentielle qui diront le contraire. Ces formations politiques, qui partagent les pions d’un jeu politique fermé, se sont dotées de syndicats estudiantins pour garder une main vigilante sur l’une des «vraies forces de changement».  En tout cas les partis politique de l’opposition, à l’instar du FFS, le PST et le RCD, sont convaincus que les étudiants sont l’avenir politique du pays et investissent en eux comme l’ont fait leur aînés de la Soummam. En effet, la déclaration de ce congrès historique du 20 août 1956 préconisa que le FLN devrait assigner aux étudiantes et étudiants des tâches précises dans les domaines où ils peuvent donner un plus pour la révolution: la politique, l’administration, l’économie, la culture, etc.

L’autonomie contre la soumission

Fort de constater que le militantisme étudiant n’a pas lâché son rôle dans la société, défini par le congrès de la Soummam. Au lendemain de l’indépendance, le mouvement estudiantin n’a pas hésité à prendre des positions politiques claires et courageuses. L’Union nationale des étudiants algériens (UNEA) dont l’ancêtre est l’UGEMA, a dénoncé explicitement le coup d’état du 19 juin 1965. L’UNEA s’est imposé comme un syndicat estudiantin autonome, ce qui lui valut la dissolution, le 15 janvier 1971. Le pouvoir, conduit par le colonel Boumdienne, a essayé par tous les moyens de dompter les étudiants syndicalistes et créa un nouveau syndicat: l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA). Ce même UNJA a qualifié les événements du printemps berbère de 1980 de «manipulation téléguidée par l’extérieur».  Quoi qu’on ait dit et écrit sur avril 1980, la vérité est que les étudiants de Tizi-Ouzou et d’Alger ont ouvert les yeux des algériens et forgé leurs esprits pour demander plus de libertés individuelles et plus de participation dans la vie politique. Cette lutte est récompensée par l’ouverture politique et médiatique de 1989 quelques mois seulement après les évènements du 5 octobre 1988 auxquels ont pris part, encore une fois, des milliers d’étudiants. Ces derniers ont réédité un exploit lors de la grève du cartable de 1994, en arrachant des avancées considérables dans la quête de l’officialisation de Tamazighth.

S’assumer et s’imposer

Bizarrement, depuis 1999, la lutte estudiantine n’a jamais réussi à gagné ne serait ce qu’une petite bataille pédagogique. Le rôle des étudiants dans la gestion de leur propre avenir est rendu au néant. A la moindre contestation, la tutelle et ses acolytes crient à «la récupération politique des revendications d’ordre pédagogique». Cela dure depuis 12 ans. Les autorités ont-elles vraiment réussi à complexer l’étudiant par rapport à la chose politique ? Là est la grande question.  Mais si c’est le cas, le pouvoir en place aurait réussi où De Gaule a échoué en mai 1968: contenir la révolution estudiantine. Parlant des luttes politiques estudiantines sur le plan international, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Toujours en Hexagone, les étudiants -parmi eux des algériens- se sont mobilisés victorieusement contre le Front National en 2002, contre le Contrat de première embauche (CPE) en 2006 et Contre la réforme des retraites en octobre 2010. En novembre 2010, les étudiants anglais se sont révoltés contre le triplement des frais d'inscription à l'université. Selon l’institut américain de recherche politique CATO, le mouvement estudiantin démocratique au Venezuela a «empêché en décembre 2007 la réforme constitutionnelle qui aurait donné le plein pouvoir au président Hugo Chavez».  Faut-il aussi noter que c’est les sacrifices des étudiants iraniens en 1978 contre le Chah qui ont propulsé, une année plus tard, Khomeiny à la tête de la République islamique d’Iran. C’est dire, la communauté étudiante ne peut plus se contenter de chercher un rôle de figuration. C’est aux étudiants de proposer et d’imposer des solutions sociopolitiques allant dans le sens de reconstruire un Etat moderne, démocratique et social, tel dessiné par les précurseurs du 1er novembre 1954, du 19 mai 1956 et du 20 août 1956. Il faut que la communauté universitaire toute entière œuvre et focalise ses forces pour instaurer une autonomie de gestion des universités, seule capable de purifier nos amphithéâtres de la médiocratie et de produire une élite politique consciente et rénovatrice. 

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LE FEU DU PARADIS

26 Janvier 2011 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

                            

  Chronique du Jasmin

 

LE FEU DU PARADIS !

 

Par Samir Ghezlaoui


         El-Bouazizi, voilà un nom à retenir par l’histoire humaine. Ce diplômé, vendeur à la sauvette, contrairement à plusieurs milliers, voire millions de ses congénères maghrébins, a su être utile pour son peuple, sans être orgueilleux et sans chercher une gloire hypocrite. Cet inconnu, venu de la profonde Tunisie, a pris en contre pied les grands analystes, les politologues chevronnés et même les éminents experts en géopolitique qui pensaient tous que la machine Ben Ali n’était pas prête à s’arrêter de sitôt.  Cet autodestructeur a pu effacer, à jamais de nos mémoires collectives, le cliché mentionnant que le tunisien est passif à force d’être pacifique. Il a reconstruit, entre autre, le mythe disant que le maghrébin est rebelle, sans se soucier des détails concernant ses origines géographiques. Ce martyr d’une cause juste, a prouvé pour ceux qui l’ont humilié qu’il valut beaucoup plus qu’ils le supposaient. Il pouvait choisir une autre façon de mettre fin à sa vie d’homme touché dans sa dignité. Il aurait été ainsi un vulgaire et lâche suicidaire qui n’avait pas le courage d’affronter la vie en face. Non, lui a choisi une «mort plus citoyenne», se sacrifier pour que les autres vivent en paix et prospérité sans autant délaisser la liberté et la dignité. C’est là que commence cette histoire révolutionnaire du Jasmin, tout à fait au sud, à Sidi Bouzid, pour être plus reconnaissant à cette contrée aux profondeurs du Grand Maghreb.

         Un seul homme s’immole et c’est tout le sud tunisien qui prend feu. Telle une trainé de poudre, l’épidémie brûlante plus qu’un magma volcanique gagne le Palais de Carthage pour exprimer le marasme social généralisé. Un deuxième mort, un troisième, puis on est déjà à dix morts, bientôt une trentaine de victimes de l’automatisme à tuer téléguidé par madame, ah pardon, M. Ben Ali. A partir de ce moment, le nombre de morts ne compte plus, le peuple comme un seul homme crie son ras-le-bol, il s’est complètement débarrassé de son complexe. Désormais, la peur a changé de camp. Et hop ! Le pyromane du matin joue au pompier le soir. Faisant appel à sa pensée maligne de professionnel, il voulait jouer les héros en contenant ses propres feux. Mais il a dû avoir une insomnie la veille, car il n’a pas bien mesuré la gravité de ses agissements malhonnêtes. Pris en flagrant délit, il essaye quand même de se procurer des bouc-émissaires. C’est la faute de mes conseillers, dit-il, non c’est ta faute, «Pars», lui répond le peuple. C’est la faute à mes ministres, dit-il encore, non c’est la tienne, «Dégages», lui demande le peuple. C’est la lassitude de tout le monde sauf moi, et surtout ma famille, dit-il pour la dernière fois, le peuple lui ordonne, «maintenant casses toi». Plus vite que Seddam sous les chars américains, la légende Ben Ali, imbattable, part en éclats sous l’assourdissante voix de la Tunisie, enfin libre de parler et de s’exprimer sans crainte de représailles. Comme à l’effet d’une baguette magique, le «lion indomptable», expérimenté de 23 ans de règne sans partage, se transforme en un lapin domestique qui supplie ses amis européens de lui offrir une «niche» comme refuge pour lui et sa femelle avec ses 1500 Kg de «carottes en or». Ironie du sort, il ne trouvera ce «trou» qu’au pays des voilées, ce voile qu’il a interdit sauvagement pour ses concitoyennes, désireuses le porter.

         Le lendemain, tous ses amis dans le monde politiquo-médiatique, local et international, se retournent contre lui. Ils sont obligés, eux aussi, de suivre la partie victorieuse dans cette confrontation, qui se montrait pourtant à ses débuts inéquitables, faute de quoi, ils rejoindront les cendres du «Système Ben Ali». Telle est la fin, idéale, d’un dictateur de la race d’Ezinne: lâche, humilié et en plus voleur. L’histoire se corrige d’elle-même, et ici, comme dit l’adage populaire arabe «aâibra liman yaâtabir» (Un exemple pour ceux qui veulent s’inspirer NDLR). Tous les membres de «la frange Ben Ali», à travers le monde sans exception, sont concernés par l’effet dominos, et plus particulièrement dans le monde arabe. Plus grave, encore, que le jeu des dominos que nous maîtrisons parfaitement au point où on «domine» grâce au vulnérable «doublé six», le vent tout chaud, tout violent, qui se dégage de ce petit pays qui est la Tunisie pourrait suffire comme allumette d’une explosion dévastatrice dans le reste des pays qui vivent dans le même air électrique.

         Pour éviter le même sort que leur ancien «frère», ou pire, et empêcher un tel volcan de se déverser, les responsables de ces pays doivent arrêter immédiatement de jeter de l’huile sur les flammes allumées par des dizaines d’«El-Bouazizi». Ils doivent, absolument, mettre un terme à leur politique de fuite en avant et proposaient de vraies solutions pour les vrais problèmes qui rongent leurs sociétés. C'est-à-dire, instaurer une politique de partage équitable des richesses, démocratiser la vie publique et politique, l’ouverture non conditionnée des champs médiatiques, réformer la justice et l’éducation et enfin, mais surtout, garantir un poste de travail et un cadre de vie décents pour chaque citoyen, en menant des projets économiques plus intelligents et en cessant de se contenter uniquement de cette position, à la fois le pourvoyeur de la matière première et le marché des pays industrialisés. Ainsi seulement, nos gouverneurs peuvent espérer une fin plus heureuse que celle du régime «Ben Ali-Trabelssi», au lieu de vider les caisses publiques pour des solutions superflues, de maquillage, et en devenant des muftis qui pénalisent, religieusement, l’immolation par le feu. Ces soi-disant interprètes de l’Islam n’arrêtent pas de formuler des sentences à la commande. Et ben, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, en tout cas moi (l’opprimé), en bon croyant en la justice divine, je suis persuadé que le feu peut être un signe du Paradis et pas forcément de l’Enfer, et il y a une preuve concrète; notez la bien: Mohammed El-Bouazizi ! Tachez de ne jamais l’oublier.

                                                           

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A la mémoire du martyr de la démocratie algérienne: Ali Mécili, un homme, un destin et un combat

4 Avril 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Histoire

A la mémoire du martyr de la démocratie algérienne:

Ali Mécili, un homme, un destin et un combat

 Par Samir Ghezlaoui

images.jpg07 avril 1987-07 avril 2010, voilà que se boucle 23 longues années d’injustice et d’impunité d’un crime odieux qui a coûté la vie à Maître Ali Mécili. Aujourd’hui la presse algérienne et les soi-disant défenseurs de la démocratie en Algérie se sont ralliés aux gardiens du temple, en prenant la défense de l’accusé principal dans cet « homicide politique », arrêté par la justice française. Loin de culpabiliser le diplomate Hasseni du fait que seul le juge chargé de l’affaire peut trancher sur cette question, l’acharnement de la presse algérienne contre la justice française qui a « osé arrêter un diplomate algérien en fonction », tout en oubliant la vraie victime dans cette affaire, est vraiment bizarre. Bizarre, serait plutôt un adjectif modéré par rapport à une position honteuse. 

D’accord on a eu « la rage nationaliste » pour défendre Hasseni, diplomate de son état et apparemment innocent, mais pourquoi ne pas avoir le courage de chercher les vrais coupables ? La victime dans cette affaire est Mécili et non pas Hasseni. Le martyr, en question, avant qu’il soit un dirigeant d’un parti politique précis, n’était-il pas un défenseur acharné de la démocratie et des droits de l’homme en Algérie? L’âme pure de ce noble homme ne mérite-t-elle pas qu’elle ait le repos éternel et cesser de se retourner dans sa tombe, loin de la terre algérienne ? Ne devons-nous pas demander haut et fort : où sont donc les vrais coupables ? Sont-ils punis ? La justice est-elle établie ?

Le père spirituel de la liberté d’expression et du multipartisme en Algérie

Ayons le courage de réclamer que cesse l’impunité dans ce pays ! Cette injustice devient une tradition algérienne à l’exemple des cas d’Abane, Khider, Krim, Boudiaf, Matoub et beaucoup d’autres grands hommes de l’Algérie libre qui refuse aujourd’hui, malheureusement, de défendre leurs mémoires.

Une certaine journée maudite d’avril 1987, les chasseurs de lumières ont pu chasser une proie de valeur. Ils ont réussi à neutraliser une âme combattante, celle de Mécili. Avocat de profession, Ali ou André Mécili était un défenseur des droits de l’homme et des libertés civiques notamment la liberté d’expression et d’opinion.

Et dans ce contexte de la célébration des 20 ans de la presse algérienne indépendante, faut-il noter que Mécili est le fondateur du journal Libre Algérie. Il porta, aussi, le flambeau du mouvement des jeunes culturalistes algériens. Ali était, non seulement, le porte-parole de Hocine Ait Ahmed et son défenseur intime, mais il était aussi dirigeant de la première heure du Front des Forces Socialistes aux côtés du zaïme. Il s’est investi avec une rare abnégation dans l’élargissement de la base sociale du FFS. De plus, il a donné le mieux de lui-même dans le seul souci de l’édification d’un pole d’opposition démocratique autonome. En fait, c’est lui l’artisan des accords de Londres 1985 entre Ait Ahmed et Ben Bella. Il disait sur cette entente qualifiée par plusieurs voix détractrices d’une « alliance contre nature » : « Nous croyons que la pluralité d’aujourd’hui est la garantie de la pluralité de demain ». D’ailleurs, cette démarche unitaire de l’opposition algérienne avait ébranlé sur le double plan, national et international, le régime d’Alger. Donc il fallait étouffer -dans son berceau- cette solution pour sortir l’Algérie indépendante de l’impasse politique de la période post-indépendance, tout à fait comme celle de Saint Egidio dix ans plus tard.

Parfait assassinat politique !

Ses bourreaux, ex-camarades, ont jugé impardonnables les actions d’un homme contre son parcours qui lui a été, normalement, destiné. Ils lui vouaient une hostilité toute particulière. Comment lui pardonner d’avoir -en quelque sorte- « trahi », en s’engageant dans le combat politique public en faveur de la démocratie ? Il était donc, « apte » pour la liquidation physique. En ce jour du 07 avril 1987, en quelques secondes et succombant à trois balles de 7.65 mm, une autre étoile algérienne venait de s’éteindre. Dès l’annonce de la nouvelle, le président du FFS, Ait Ahmed, exilé en Suisse, avait accusé directement « les services spéciaux » algériens d’avoir commandité l’assassinat. Il insistait sur le fait que son camarade de route était « abattu par un vulgaire proxénète sous contrat avec la sécurité militaire ».

Deux mois plus tard, les services de sécurité français arrêtaient, à Paris, l’auteur présumé de l’assassinat. Il s’agissait d’Abdelmalek Amellou, un petit truand sur lequel était retrouvé un ordre de mission signé par le capitaine Hassani. Mais voilà que surgit un coup de théâtre avec un scénario raté. En effet, à l’issue de sa garde à vue, le suspect numéro 1 dans cette affaire sera expulsé vers l’Algérie, en vertu de la procédure « d’urgence absolue », à la demande de Charles Pasqua, alors ministre français de l’Intérieur. Vingt-trois ans plus tard, on a réussi à extirpé l’Affaire Mécili de la liste des crimes politiques. Ainsi plusieurs questions s’imposent, en sachant que l’affaire Mécili n’est pas l’unique du genre dans les annales de la justice française. L’exemple tranchant est l’affaire scandaleuse de l’enlèvement, la torture puis l’assassinat de Mehdi Ben Barka, opposant intime d’Hassan II, le 29/12/1965 à Paris.

Hasseni ou Hassani, où est le vrai coupable ?

Pour rappel, en décembre 2007, le juge Baudoin Thouvenot a signé deux mandats d’arrêt internationaux contre les assassins présumés de Maître Mécili. Ils visent Abdelmalek Amellou et le capitaine Mohamed Ziane Hassani. Ces deux mandats seront-ils un jour exécutés ? C’est une question qui reste en suspens. L’incarcération du diplomate Hasseni puis sa mise en liberté remet l’affaire au point de départ. L’affaire de l’assassinat de Mécili avait, en effet, connu un rebondissement avec l'interpellation à Marseille, le 14 août 2008, de M. Hasseni, chef du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères. Visé par un mandat d'arrêt international, Hasseni était désigné par un ancien officier des services secrets algériens, Mohamed Samraoui, réfugié en Allemagne, comme le commanditaire de l'assassinat. Le diplomate Hasseni, qui s'affirme depuis son interpellation victime d'une homonymie, avait déposé une requête aux fins de non-lieu et le parquet de Paris avait décidé, aussitôt, de soutenir cette requête. Encore qu’à la fin de mars 2010, le juge chargé de l’affaire a refusé le non-lieu pour M. Hasseni. Ce dernier passe, en revanche, du statut de mis en examen à celui de témoin assisté en raison de l'insuffisance des charges pesant contre lui, selon son avocat Jean-Louis Pelletier.

Par ailleurs, les amis, les camarades et la famille d’Ali Mécili ne désespèrent pas de voir, un jour, jaillir la victoire de la justice sur l’injustice de l’impunité. Mouloud Mammeri a bel et bien dit : « Aussi continues la lutte au plus fort du combat, car ce n’est que quand tout semble perdu que tu ne dois pas abandonner », et au défunt Matoub Lounès de soutenir : « Win yesdergen iman-is di tizi n lehhris, i3emmed negh ittekki » (Quant à celui qui se tait lorsque surgit le col d’oppression, c’est qu’il est consentant ou qu’alors, il est complice). En tout cas, ils sont convaincus qu’il faut œuvrer davantage dans le combat du martyr pour honorer et sauvegarder sa mémoire. Il faut aller de l’avant pour instaurer la deuxième République, une vraie république tant rêvée par feu Mécili, Abane Ramdane et plusieurs autres braves fils de l’Algérie. Oui, ces martyrs rêvaient tous d’un Etat de droit. Ils voyaient dans l’Algérie indépendante, une Algérie nettement algérienne, ni orientale, ni occidentale ; une Algérie moderne, forte, libre et démocratique.      

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La violence substitue au dialogue social:« Logement ou émeute »!

19 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

La violence substitue au dialogue social : « Logement ou émeute » !

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 20/03/2010

policiers_algeriens_sous_des_jets_de_pierres_lors_d_une_man.jpgComme attendu, à la suite du relogement des quelques cinq cents familles du quartier Diar Echems, secoué en octobre dernier par des violents affrontements entre les malheureux postulants pour le logement social et les force de l’ordre, des échauffements éclatent un peu partout dans les quartiers de fortune et les bidonvilles entourant Alger. Ainsi, les routes barrées, les barricades, les pneus en feu et les cocktails Molotov ont pris la place des documents administratifs constituant les dossiers, bureaucratiques, des demandes de logement qui tardent à venir. Les habitants contestataires, notamment les jeunes, pensent avoir entre leurs mains une meilleure solution pour s’accaparer une habitation décente. Pour eux, il n’y a plus de place pour le dialogue social pacifique, il n’y a que les émeutes qui mettent la pression sur les autorités locales afin de prendre en compte et en charge, sérieusement, les doléances des citoyens qui ont ras-le-bol de cette misère.

Eremli en feu

La plupart des habitants des gourbis algérois s’impatientent pour bénéficier d’un appartement respectueux parmi les logements promis par la wilaya dans le souci d’éradiquer les quartiers précaires qui gâche l’image de la Capitale. Tout le monde, alors, se croit prioritaire par rapport à d’autres habitants. Avant-hier, c’était le tour des habitants d’Oued Smar pour sortir dans la rue et réclamer des logements convenables à la place des baraques de fortune qu’ils occupent. Vers 10h du matin, des dizaines des jeunes ont brûlé plusieurs pneus usés à côté de la voix ferrée dans le quartier d’Eremli. En faisant une viré hier sur place, nous avons constaté que les choses étaient plutôt calmes, aucune trace des échauffements. « C’était une petite émeute déclenchée par des jeunes qui ont mis du feu dans des pneus au milieu de la rue. Maintenant, les choses sont calmes », nous a déclaré un quinquagénaire que nous avons rencontré devant sa malheureuse maisonnette. Et c’est vrai que nous avons eu des difficultés pour recueillir des témoignages concernant l’« émeute ». Les gens ne voulaient rien dire. Cependant, selon les quelques informations que nous avons eu, les jeunes déclencheurs de la contestation ont, vite, renoncé à leur action juste avec l’arrivée des gendarmes sur les lieux. Ces derniers ont réussi à contenir, rapidement, cette manifestation de colère. Sur la route du retour, nous avons eu droit, quand même, à une réponse satisfaisante d’un jeune à propos des raisons de cette émeute. « Les habitants de Diar Echems sont relogés grâce à l’émeute et la force. Nous voulons faire de même pour bénéficier de logements à notre tour. C’est la seul façon pour obliger les autorités à nous écouter », a-t-il sonné.

Nouveau mode de communication ?

Et oui, en Algérie de 2010, le nouveau mode de communication préféré entre les gouvernés et les gouverneurs, est l’émeute. Apres celles de la Kabylie et de l’Oranie, arrive celle des bidonvilles algérois. A la place du dépôt, vain, d’un dossier légal de demande de logement, la nouvelle astuce est moins compliquée. D’après certains jeunes, il suffit de mettre le feu dans des pneus ou des poubelles, barrer la route pour quelques heures et dans la mesure du possible lancer quelques projectiles sur les forces de l’ordre, pour espérer avoir un logement décent.

Dans ce sens, les même scènes de Diar Echems, mais moins violentent et vite étouffées, se sont reproduites partout dans les quartiers précaires d’Alger. C’est le cas à Djenane Sfari à Birkhadem, où sont recasés les relogés de Diar Echems, de Zaâtcha, quartier relevant de la commune de Sidi M’hamed, la ferme Gregory près de Kouba et enfin à Saoula. Toutes ces cités vulnérables veulent leur part de logements. Ce qui augmente le risque de nouveaux dérapages. Pour rappel, le wali d’Alger avait annoncé la distribution de 10 000 logements au niveau de la wilaya d’Alger. Cette décision échauffe, davantage, les esprits des locataires des bidonvilles qui s’impatientent pour figurer dans la liste des bénéficiaires. De leurs côtés les habitants du vieux bâti espèrent un relogement dans les meilleurs délais à cause du danger et la précarité qu’ils vivent au quotidien. Ces deux franges de la société ont marre de voir les noms des affairistes et des opportunistes figuraient, à chaque nouveau affichage, sur listes des bénéficiaires au détriment des vrais ayants-droit. Il faut s’attendre au pire, Alger est sur poudrière !

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Le FLN ou l'histoire d'un parti au pouvoir

18 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Histoire

48 ans d'activité politique
Le FLN ou l'histoire d'un parti au pouvoir

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune des Lecteurs du 18/03/2010

Abdelaziz-Belkhadem.jpgAu lendemain de l’indépendance de l’Algérie en 1962, le "FLN révolutionnaire" passe d’une organisation guerrière à un statut de parti politique bien structuré, unique dans notre pays jusqu’à l’avènement du pluralisme avec la constitution de février 1989.Depuis le printemps 1963, le Front de Libération Nationale a été marqué par plusieurs phases importantes et décisives par rapport à ses structures internes en tant que parti politique et bien sûr vis-à-vis du sort du peuple algérien, indissocié du devenir de cette formation politique qui gère le pays.

Durant 48 ans, l'âge de l'Algérie indépendante, le FLN a été géré par dix dirigeants et connu neuf congrès. Au moment de l'indépendance, le secrétaire général de ce parti était Mohamed Khider, avant que ce dernier démissionne en avril 1963. Le même mois, Ahmed Ben Bella devient secrétaire général du FLN, alors premier ministre du président de la République, Ferhat Abbas. Le 13 septembre, Ben Bella est élu Président pour cinq ans. Etant, à la fois, le premier responsable du pays et du parti au pouvoir, il a promulgué la première Constitution algérienne consacrant l'option révolutionnaire socialiste et le régime du parti unique, et confiant "la gestion harmonieuse des institutions" au seul FLN. En avril 1964, il organise un congrès du parti, dont les résolutions finales accordaient au président des prérogatives telles qu'il affirmait n'être responsable, ni devant les instances dirigeantes du FLN, ni devant l'Assemblée nationale. Cette position est renforcée par un autre congrès entre le 16 et le 21 avril 1965. Voulant consolider sa place de leader, Ben Bella a opté pour l'écartement de plusieurs personnalités au pouvoir soutenant Boumediene. Après les limogeages de Kaïd Ahmed, Chérif Belkacem, Ahmed Medeghri, et la prise en main personnelle des ministères vacants, la décision de mettre fin aux fonctions d'Abdelaziz Bouteflika, Ministre des Affaires étrangères allait précipiter les événements. Houari Boumediene, premier vice-président de la République et ministre de la Défense nationale de l'époque, décida de mettre fin au régime de Ben Bella avec le coup de force du 19 juin 1965. Dès lors, il confia la responsabilité du FLN à son compagnon, Cherif Belkacem. Mais il fut remplacé par Kaïd Ahmed, en 1967. L'ancien membre de l'ALN hérite, donc, du FLN avant qu'il ne soit limogé à son tour en 1972. En 1973, Mohamed Salah Yahiaoui, ancien chef de l'Académie interarmes de Cherchell, quitte l'uniforme pour prendre en main le parti. La vision de Houari Boumediene se situait en complète opposition avec le système politique précédent, et consacrait la primauté de la construction de l'État sur l'action politique. Dans un nationalisme étatiste-socialiste et anticolonialiste, Boumediene régnait par décret et selon une "légitimité révolutionnaire", marginalisant le FLN en faveur de son propre pouvoir, tout en maintenant le système de parti unique. Mohamed Cherif Messadia, responsable de l'information au sein du parti unique, propose que le FLN investisse le colonel Houari Boumediene pour la présidentielle, organisée en 1976.

Au temps de Chadli-Messadia

Juste après la mort de Boumediene en décembre 1978. Son successeur, le colonel Chadli Bendjedid, est désigné par le congrès extraordinaire du FLN. Chadli tente alors de réorganiser ce parti, et prend une place centrale après une longue période de mise à l'écart. Le congrès du FLN de janvier 1979 redéfinit les statuts et les structures du parti, notamment, en le dotant d'un comité central, dont le secrétaire-général est automatiquement le candidat du FLN à la présidence. En juin 1980, le 4ème congrès du FLN réunissant près de 4.000 délégués, initie d'importants changements dans les structures du parti. Ces réformes renforcent, considérablement, la position du président qui a le pouvoir de choisir les membres du Bureau Politique et d'opérer, dans le parti, les changements qu'il juge nécessaires. Le poste de secrétaire général du parti étant attribué au président Chadli, l'appareil du parti est placé sous la direction effective de Mohamed Cherif Messadia. Au 5ème congrès du FLN, en décembre 1983, Bendjedid est réélu au poste de secrétaire général du parti et devient le seul candidat aux élections présidentielles du 12 janvier 1984, où il est réélu pour cinq ans.

Mehri et "le coup d'état scientifique"

Avec les émeutes du 5 octobre 1988 qui secouèrent le pays vers des réformes politiques essentielles, en février 1989, une révision constitutionnelle instaura le multipartisme et la liberté d'expression et autorise la création de formations politiques. Dans ces nouvelles circonstances, où le régime du parti unique fut dissous, le FLN tient son sixième congrès. Au début de l'année 1990, et dans le souci d'affronter les nouvelles données du milieu politique algérien, le Front de libération nationale fait appel à Abdelhamid Mehri, qui était encore l'ambassadeur d'Algérie au Maroc. Chadli avait "vraiment besoin" de la rescousse de l'une des gloires du premier novembre, pour prendre en main les destinées du Front. Devant la victoire du FIS-dissous- aux élections municipales de juin 1990 et au premier tour des législatives de décembre 1991, il est mis un terme au processus électoral, tandis que Boudiaf rentrait au pays pour prendre la tête de la présidence du Haut Conseil de l'Etat, le 11 janvier 1992. Quelques mois après, le président de la République, Mohammed Boudiaf, fut assassiné à Annaba. Durant tout le déroulement de ces évènements, le Front de libération nationale demeurait dans l'opposition au gouvernement jusqu'à 1996. Même après l'élection du président, Liamine Zéroual, le 16 novembre 1995, le FLN reste extérieur au pouvoir. Sous le mandat d'Abdelhamid Mehri, le parti fera l'expérience de l'opposition. Le FLN de son ère, passe alors d'un parti gouverneur du pays à un très actif parti de l'opposition. Ainsi, l'ancien parti unique signe avec six autres formations politiques, le 13 janvier 1995, la plateforme de Rome initiée par Ait Ahmed et qui prône la réconciliation nationale. Pour beaucoup de spécialistes, c'est cette action qui a valu le poste du secrétaire général à Mehri qui dénonçait, dès lors, un coup d' "Etat scientifique". En revanche, les "anti-Mehri" parlaient d'importants débats internes au sein de la direction du parti, qui ont été conclus par le changement de la position officielle du FLN pour un soutien à la présidence.

Benflis, le rêveur

Durant le septième congrès du parti en 1996, Boualem Benhamouda, ancien ministre a déposé Mehri. Effacé et discret, il ne laisse pas de grands souvenirs dans les annales du parti. Aux élections législatives du 5 juin 1997, le FLN n'a obtenu que 62 sièges sur les 380 de l'Assemblée nationale populaire, devenant ainsi le troisième parti du pays.
Le 15 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika, soutenu par le FLN, remporte l'élection présidentielle avec 73,8 % des suffrages. Benhamouda sera écarté de la direction nationale du FLN en septembre 2000, avec la venue d'Ali Benflis, un proche du président Bouteflika et son directeur de campagne pour les présidentielles précédentes. Celui-là restera dans l'histoire comme l'homme pressé, le rêveur et le trop ambitieux. Son ambition a cassé une carrière qui s'annonçait prometteuse et déclenché une nouvelle crise au FLN. Afin de remporter, un soi-disant défi contre Bouteflika, il a verrouillé le parti en changeant les statuts, pour s'accorder des pouvoirs exorbitants. En 2004, Ali Benflis se présente à l'élection présidentielle, comme candidat du FLN, et n'obtient que 6,4 % des voix, contre 85 % pour Abdelaziz Bouteflika. La victoire d'Abdelaziz Bouteflika entraîne une reprise en main du FLN.
Et en 2005, le 8ème congrès national de cette formation politique, tenu entre 30 janvier et le 1er février à la Coupole à Alger, nomme Bouteflika président du parti et Abdelaziz Belkhadem secrétaire général du FLN.
Ce dernier a mis près de deux ans pour remettre sur pied le parti et préparer le neuvième congrès de ce parti qui s'annonce décisif. Il sera tenu entre le 19 et le 21 de ce mois de mars. À l'histoire d'en juger.

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Opération de relogement des familles de Diar Echems: Des citoyens dénoncent leur marginalisation

15 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Reportages

Opération de relogement des familles de Diar Echems

Des citoyens dénoncent leur marginalisation

 Reportage réalisé par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 16/03/2010

 DSC_0004.JPGSix mois après les émeutes sanglantes de Diar Echems, les autorités locales se sont rendues à l'évidence, en permettant le déménagement de ces familles vers des logements plus décents. L'opération de relogement s'achèvera aujourd'hui, avec les 307 autres familles qui vont rejoindre leurs nouvelles habitations à Birkhadem. 512 familles, en tout, ont bénéficié d'appartements de type F3 et F4, ce qui leur permet ainsi de sortir du moyen-âge.


En arrivant, dimanche matin, dans cette cité, située à quelques kilomètres de la résidence présidentielle, notre jugement était déjà établi : « un grand soleil d'hiver, plus grand et plus chaud que celui de l'été, vient enfin de se lever sur ce quartier, qui porte son nom ». Tout le monde dans cette cité « préhistorique » de 1500 logements, ne parlait que des « L'mrehlline (les relogés) ». Sur place, la première image qui ne vient à l'esprit, est les cinq larges immeubles d'en face. Certes, cela se voit qu'ils étaient anciens, mais pas au point si gravissime tel que rapporté par la presse nationale durant les échauffements d'Octobre dernier. C'était une impression qui n'a duré que quelques minutes, avant que nous nous rendions compte qu'on avait tort.

  Un déménagement à l'aube

Au quartier de Diar Echems, il était près de midi, les relogés, retardataires, venaient de quitter les lieux en camions ou camionnettes, avec leurs bagages, meubles et le reste de matériel constituant le quotidien de ces familles qui se limitaient, jusque là, au minimum, pour survivre. Ce  « brouhaha » était remarqué et les gens allaient dans tous les sens. Les discussions se portaient toutes autour du relogement. Juste en face des grands immeubles, se situait une annexe de la mairie d'El-Madania, où nous avons recueilli quelques précisions d'un représentant des autorités locales, chargé de l'opération de déménagement. Il nous a expliqué que l'opération « rentre dans le cadre du projet de l'éradication des bidonvilles et l'habitation précaire, décidé par le président de la République ». « Cette action de relogement, en deux tranches, consiste à reloger 205 familles habitant les gourbis, aujourd'hui, puis les 307 autres familles habitant, cette fois, les cinq anciens immeubles, mardi (aujourd'hui)", a-t-il précisé.
Voulant en savoir plus auprès des familles relogées, on nous a dit que c'était trop tard, car toutes les familles sont déjà dans leurs nouveaux appartements à Birkhadem. On pensait rejoindre la rédaction et mentionner en gras : « l'opération de relogement à Diar Echems a été parfaite », mais la réalité est toute autre.

  En plein quartier des ténèbres !
DSC_0103.JPGJournaliste et photographe de Tribune des Lecteurs avons été surpris par un jeune habitant du quartier qui nous a invités à faire une petite ballade guidée dans la cité, où le « Soleil » se fait désirer. Eh oui, nous sommes presque passés à côté d'une amère réalité, cachée par la façade des cinq bâtiments existant dans ce QG de la vie cruelle et de la misère galopante. « Vous êtes journalistes ? Vous êtes nos amis, soyez les bienvenus. Venez voir et prendre des photos de la vie que nous menons depuis la nuit des temps », nous a demandé Sid Ali. Nous avons accepté volontiers de suivre celui-ci. A partir de ce moment, loin des protocoles officiels assommants, on n'a eu que la réalité en face de nous, rien que la réalité. Derrière les HLM usés par le temps, on a découvert des centaines de baraques de fortune dans lesquelles sont entassées des milliers d'être humains. Enfin, ce qui restait de ces gourbis rasés par des agents des travaux publics de la commune et de la wilaya. A première vue, on aurait dit qu'un violent tremblement de terre est passé par là. Trop tôt le matin, selon notre guide, les éléments des travaux publics étaient déjà sur place. Appuyés par des agents de la Sonelgaz et de la Seaal, et à l'aide de pioches et d'un bulldozer, ils ont pris d'assaut la cité précaire.

DSC 0094-copie-1Au milieu de tout cet amas de béton, apparaissait une petite baraque qu'on n'avait pas encore descendue. Cette maisonnette était, en fait, l'abri d'une mère et de ces trois enfants abandonnés par leur père. Ils refusaient de sortir car ils n'avaient pas l'assurance qu'ils seraient relogés avec le reste des voisins. « Je ne sortirai de ma maison que pour rejoindre mes voisins, dans un logement décent », a déclaré Nadjia K, écartée de la liste des bénéficiaires, à la veille de l'opération. Pourtant, selon elle, son dossier a été accepté. Le samedi, elle a reçu normalement sa convocation de la part des chargés du déménagement. Dimanche matin, à l'heure où elle se préparait à une nouvelle vie, plus digne, un agent du relogement la surprend. « Ton nom ne figure pas dans la liste des relogés, m'a dit l'agent. Il m'a expliqué que mon dossier était perdu et que je devais en constituer un autre », a ajouté madame Nadjia. Cette petite famille, composée de la mère, un garçon de 18 ans et deux filles de 14 et 12 ans, est trop grandes quand même pour vivre dans une maisonnette de deux mètres carrés. « Ça se voit clairement qu'il y a quelque chose de louche. Cette femme, abandonnée par son mari et condamnée par sa famille, habite dans cette baraque depuis 2003. Elle devait être, naturellement, parmi les premiers relogés, vu sa situation sociale », a martelé une vieille dame, voisine de notre interlocutrice, venue soutenir sa « protégée », avant qu'elle ne soit interrompue pas cette dernière. « Je ne comprends pas comment ça se fait, qu'une célibataire ait son appartement tandis que moi pas. A remarque c'est normal, elle est une fonctionnaire de l'Etat. Ce n'est pas comme moi, une simple femme de ménage. C'est de la Hogra ni plus ni moins ", s'insurgeait N.K. Durant notre entrevue avec cette dernière, nous avons été obligés de supplier les agents de la mairie, plusieurs fois, pour qu'ils arrêtent de détruire une baraque encore habitée. Heureusement, l'un des voisins nous a rassurés que ça ne se fera pas sans l'approbation de la concernée, qui a procédé au dépôt de son recours, en espérant être parmi les déménagés de mardi (aujourd'hui).

  Pas de connaissances ni de Tchipa ? Casse-toi
DSC_0107.JPGA quelques mètres du premier gourbi, notre guide nous a fait visiter une autre baraque. Cette fois, nous sommes devant une famille composée de quatre membres, un vieillard de 90 ans, handicapé à 100%, une femme et deux filles, analphabètes, célibataires et âgées d'une quarantaine d'années. « Mon père a quitté la wilaya de Djelfa durant la décennie noire, fuyant le terrorisme qui a tué toute sa famille. Il est handicapé. C'est pour ça qu'on ne nous accorde aucune considération », a déclaré l'une des deux filles en pleurant. « Nous vivons dans cette baraque sans ressources et sans le soutien de qui que se soit. Nous n'avons ni la force ni de connaissances pour défendre nos droits. C'est pour ça que nous sommes encore là, au moment où les autres sont partis à Birkhadem », a-t-elle ajouté. Notre ami, Sid Ali, a défendu particulièrement cette famille vulnérable. « Ils ont tout le droit d'avoir un logement, surtout qu'ils n'ont personne pour les soutenir dans leur vie. Il y a des familles qui n'ont même pas deux mois de présence ici, mais ils ont bénéficié d'un F4. C'est inacceptable », a-t-il rétorqué.
Notre prochaine famille est une famille heureuse. Le rêve devient réalité pour nos hôtes. Après des années d'attente et un calvaire vécu au quotidien, ce foyer de sept âmes va goûter enfin à une vie digne et plus décente. « Mardi (aujourd'hui) Inchalah, nous allons déménager et quitter une bonne fois cette misère. Je vous le jure, nous venons de renaître », nous a témoigné l'une des filles de la famille, trop émue, mais visiblement heureuse .
Au moment, où on s'apprêtait à quitter le quartier, un gamin nous a tenu la main en nous demandant : « Vous êtes journalistes ? Mon grand père souhaite vous voir ». Le petit Ghilès nous conduisit vers leur F1 situé dans l'un des cinq immeubles à détruire. Ici, nous sommes les invités d'une famille d'un ancien combattant de l'ALN, originaire de la Grande Kabylie. « Je suis un moudjahid et mon épouse aussi. J'ai acheté cet appartement à l'OPGI et maintenant nous devons l'abandonner. On nous a promis deux logements, mais maintenant on nous dit que ce ne sera qu'un seul qui nous sera accordé », a essayé de nous faire comprendre, le grand père, interrompu par l'une de ses belle-fille: « le problème c'est que nous sommes deux, voire trois familles, dans un seul appartement. On nous a promis un F4 en cas de signature d'un désistement sur notre F1, sinon un F3. Mais comment peut-on vivre dans un seul appartement, à 12 personnes ? ». Sur place, nous avons constaté que c'est une très bonne question, surtout que le grand père est paralysé du côté gauche. Dans cet F1, c'est une équation compliquée qu'il nous faut pour trouver une place à chaque membre de cette famille. On a appris ce que c'est qu'une histoire à dormir debout! Un couple prenait le balcon, un deuxième réservait la cuisine et les autres membres de famille prenaient le reste.

  La justice ou la révolte

DSC 0068En quittant cette famille, notre guide nous explique la façon dont est géré le relogement. Plusieurs cas louches, dit-il, sont signalés. « Il y a des gens qui ont bénéficié du relogement, au détriment des vrais ayant-droits. La situation est sur une poudrière et risque d'exploser à tout moment », a mis en garde, Sid Ali. Notre ami nous a reconduits jusqu'à la sortie de la cité, en nous expliquant au passage que « durant les émeutes d'Octobre dernier, même les policiers et les éléments des forces anti-émeutes ont été empêchés d'entrer dans le quartier, à part les journalistes. Nous avons confiance en vous, pour faire éclater la vérité et porter tout en haut les revendications et les doléances des simples citoyens ». Pour rappel, les autorités locales ont procédé à cette opération de relogement, pour répondre aux demandes insistantes de ces milliers d'habitants des bidonvilles. Officiellement, plus de six mille logements de fortune ont poussé comme des champignons autour de la capitale, Alger. Ces baraques sont une source de plusieurs fléaux sociaux et représentent, parfaitement, l'injustice sociale. C'est pour ça que le gouvernement doit prendre en charge, sérieusement, le relogement de toutes les familles afin de mettre un terme au spectre d'autres révoltes comme celle de Diar Echems.
Ce quartier a vécu, durant un petit bout de temps, un « beau soleil » d'hiver, mais tout de suite brouillé par quelques nuages sombres de l'injustice, condamnant des ayant-droits à vivre, on ne sait pour combien du temps encore, dans les ténèbres de Diar Echems.

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En attendant 300 autres pour demain: 205 familles de Diar Echems relogées

14 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

En attendant 300 autres pour demain
205 familles de Diar Echems relogées

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r Samir Ghezlaoui
In Tribune Des Lecteurs du 15/03/2010

Quelques 200 familles ont soupiré, hier, à la cité Diar Echems relevant administrativement de la commune d’El-Madania. Ces familles ont été, enfin, relogées après plusieurs années de calvaire, vécu au quotidien. Cette action de relogement est une réaction directe des autorités locales par rapports aux violentes émeutes qui ont éclaté dans ce quartier populaire de plus de 1500 foyers, en octobre dernier.DSC_0094.JPG Très tôt le matin, les camions et les différents véhicules apprêtés pour déplacer les familles et leurs bagages ont pris la route vers Tixeraïne dans la commune de Birkhadem. Officiellement, 205 familles bénéficiaires ont rejoint les nouveaux appartements de type F3 et F4. Selon un responsable de la mairie d'El-Madania, l'opération de relogement « qui a touché, essentiellement, les familles qui logeaient, depuis des années, dans des habitations précaires au milieu de la cité », connaîtra une deuxième phase demain. « La phase d'aujourd'hui (hier) a été conclue par le relogement d'environ 200 familles, habitant le bidonville et les gourbis. L'opération de relogement se poursuivra, encore durant trois jours et s'achèvera avec le relogement, cette fois-ci, de quelque 300 familles des cinq anciens immeubles de la cité », nous a précisé notre interlocuteur. « Les relogés de mardi prochain rejoindront des appartements au quartier dit Djenane Sfari, toujours dans la commune de Birkhadem », a-t-il ajouté. Cette heureuse circonstance, pour les familles relogées dans des maisons dignes et respectueuses après des dizaines d'années de souffrance, était une occasion de faire la fête et de se féliciter. « Wach Farid Aâtawlkoum Dar. Bsehetkoum khou (on vous a donné une maison Farid ? Félicitations mon frère) », disait un jeune à son ami dont la famille a rejoint déjà sa nouvelle habitation. Durant toute la matinée et une partie de l'après midi, la cité précaire de Diar Echems a été marquée par un « brouhaha » inhabituel. Les gens allaient dans tous les sens. Si les familles bénéficiaires du relogement, du moins celles qui attendent avec impatience le mardi pour pouvoir déménager, vivaient une liesse en communion familiale, la colère des dizaines d'autres n'est pas à ignorer. En effet, les agents des travaux publics de la commune qui étaient sur place, dotés de leurs pioches et un bulldozer, ont eu du mal à terminer leur travail de destruction des baraques de fortune désertées par leurs habitants. Une vingtaine de familles refuse de quitter ces maisonnettes car, tout simplement, elles ne sont pas concernées par le relogement. D'après les témoignages que nous avons recueillis auprès des contestataires, leurs noms figuraient sur la liste des relogés jusqu'à la veille de l'action. Au matin, lorsqu'ils s'apprêtaient, comme leurs voisins, à quitter cette misère, ils étaient surpris par leur écartement de la liste des bénéficiaires. Ne comprenant pas la raison de cette mésaventure, « les victimes » crient au scandale et dénoncent des pratiques malsaines de la part des chargés administratifs de l'opération de relogement. Ces derniers ont demandé aux protestataires de déposer des recours auprès des autorités compétentes. Les ayant-droits, écartés, parlaient d'entraves, devenues traditionnelles chez nous, en l'occurrence les connaissances, la Hogra et la fameuse Tchipa. A moins que ce problème soit réglé rapidement, les choses risquent de déraper de nouveau dans ce quartier portant le nom du « Soleil », absent depuis des années à Diar Echems. (Pour plus de détails et de précisions, attendez notre reportage qui apparaîtra demain).
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« Vous chantez pour nous et nous nous sacrifions pour vous »

12 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Politique

Lettre d’un prisonnier palestinien pour les élèves de la Star Académie*

« Vous chantez pour nous et nous nous sacrifions pour vous »

 

*Document traduit de l’arabe et titré par Samir Ghezlaoui


palestine-prisonniers.jpgJe suis un étudiant académicien comme vous mais en Palestine. On se lève à une heure précise, nous pratiquons le sport dans une salle fermée, mangeons et apprenons collectivement et conformément à des lois strictes qu’on nous impose, déjà, tout à fait comme vous. Il y a des caméras plantées dans tous les coins pour contrôler nos mouvements à chaque seconde. Nous fumons et mangeons
moins que vous. Vous vous êtes condamnés volontairement pour rester quatre mois au maximum, tandis que nous sommes condamnés dans ces académies pour de nombreuses années. Vous êtes concentrés dans une seule académie, alors que nous sommes déployés sur plusieurs académies, Shata, Jalama au Nord, … (il cite les différents noms de prisons). Au moment où vous détestez être « Nominés », nous, nous l'espérons tous.

 

Au lieu d’«Alfokaliz » nous avons l'habitude de chanter l'hymne à la gloire de Dieu avant que le gaz projeté (par les geôliers ou les éléments de maintien de l’ordre) s’installe dans nos gorges et nos poitrines. L’événement marquant chez vous est « Le Prime », mais pour nous ; tous les jours sont les mêmes. Vous recevez les visites des artistes et nous celles des avocats et la Croix-Rouge. Parfois on vous interdit d’appeler les parents comme une mesure punitive, mais nous on nous l’interdit sans être punis. Vous perdez du poids par des régimes alimentaires et nous, nous le faisons « grâce » à des grèves illimitées de la faim.

 

Quand quelqu'un d’entre nous sort de l’académie, il va tout droit au tribunal militaire avant de revenir chargé avec des dizaines d'années (de plus) qui changeront certainement le « Look », ou vers un hôpital avant de revenir garni de douleurs. La solitude, l’ennui et la réduction de votre nombre vous agacent, alors que la surpopulation dans nos chambres (cellules) et l’augmentation de notre nombre par milliers nous tuent.

 

Vous chantez pour qui ? Et nous nous sacrifions pour qui ? Vous chantez pour nous et nous nous sacrifions pour vous ! Vous signez des autographes pour vos fans et admirateurs, et nous signons nos noms pour les secrétariats (des prisons) ou sur les murs (des cellules) pour que les prochains nous reconnaissent.

De là, nous vous invitons mes frères et sœurs académiciens, de faire passer ce message à tous ceux qui sont tentés par la « Star Académie » pour les mettre au courant concernant les souffrances de nos braves prisonniers. Ainsi, ils vont apprendre les positions de l'honneur, la résistance et la bravoure des stars libres des académies palestiniennes, aigles de la liberté.

 

Salutations à toutes les consciences.

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:رسالة من أسير فلسطيني إلى طلاب ستار أكاديمي

أنا طالب أكاديمية مثلكم، إنما من فلسطين. فنحن ننهض من النوم في ساعة محددة، نمارس الرياضة في ساحة مغلقة، نأكل ونتعلم بشكل جماعي وحسب قوانين صارمة فرضت علينا مسبقا، تماماً مثلكم. وهنالك كاميرات مزروعــة في كل زاوية لمراقبة حركتنا على مدار اللحظة. ندخن ونأكل أقل منكم. أنتم حكمتم على أنفسكم بالبقاء أربعة أشهر على الأكثر، بينما نحن محكومون في هذه الأكاديميات لسنين طويلة. أنتم مركـّـزون في أكاديمية واحدة، بينما نحن موزعون على عدة أكاديميات، شطة والجلمة بالشمال، الرملة وهداريم والتلموند في الوسط، عسقلان والسبع ونفحة في الجنوب. وبالقدر الذي تكرهون أن يكون احدكم "نومينيه" فإننا نتمنى ذلك.

وبدلا من "الفوكاليز" تعودت حناجرنا على النشيد والتكبير الذي يعقبه رش الغاز ليستقر في حناجرنا وصدورنا.
الحدث الأبرزعندكم هو "البرايم"، عندنا فكل الأيام متشابهة. يقوم الفنانون بزيارتكم بينما يزورنا المحامون والصليب الاحمر. قد تمنعون من الاتصال بالأهل كإجراء عقابي، أما نحن فممنوعون دون عقاب. تقومون بتخفيف الوزن بواسطة الريجيم، ونحن نقوم بذلك عن طريق الاضراب المفتوح عن الطعام.

عندما نخرج من الأكاديميات، نخرج إلى المحاكم العسكرية، ليعود الواحد منا محملا بعشرات السنين التي ستغير حتما "اللوك"، أو الى المستشفيات لنعود محملين بالألم. تزعجكم الوحدة والملل وتناقص عددكم، بينما يقتلنا الاكتظاظ وتزايد أعدادنا التي أصبحت بالآلاف.

"انتو لمين بتغنو"، واحنا "لمين بنضحي" ؟ انتو بتغنو النا ونحن منضحي الكو
أنتم توقعون أسماءكم للمعجبين والمعجبات، بيمنا نحن نوقع أسماءنا على ورقة الأمانات، أوعلى الجدران ليتعرف علينا القادمون من بعدنا.

فمن هنا ندعوكم يا أخوتي وأخواتي الطلاب أن توصلوا هذه الرسالة الى كل من فتنه "ستار أكاديمي" ولتعرفوه على معاناة أسرانا البواسل كي يتعلم مواقف العزة والصمود من نجوم أكاديميات فلسطين الأحرار نسور الحرية.

تحياتي لكل ضمير
 
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Prestation de serment pour devenir avocat en Algérie: Parcours du combattant… et 5 millions cash

2 Mars 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Prestation de serment pour devenir avocat en Algérie
Parcours du combattant… et 5 millions cash

toge fr facePar Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 03/03/2010

Certes, comme c'est le cas pour plusieurs emplois, les candidats doivent répondre à certaines exigences, mais pas au point, osons dire, de limiter ce métier pour une couche sociale bien déterminée. Ainsi, cette profession noble trouve son ancienne vocation dans notre pays, celle de ne permettre qu'aux " bourgeois " de porter la " ravissante " robe noire.
L'étudiant algérien, qui a mis dans son agenda de projet professionnel le métier d'avocat, doit préparer son bagage, car il sera obligé de faire un parcours du combattant, avant de satisfaire son petit rêve d'enfance.Tout d'abord, licencié en droit et sciences juridiques, il doit préparer son CAPA. " Pour avoir mon Certificat d'aptitude à la profession d'avocat j'ai payé 10 000 DA, pour une durée d'études d'une année ", nous déclaré Imad, étudiant de Capa à Ben Aknoun. Notre interlocuteur nous explique, en outre, que le prix à payer pour le certificat d'aptitude varie selon l'université d'accueil. Par exemple à Tizi-Ouzou, dit-il, il faut verser une somme de 3 000 DA.


Juste après le Capa, le candidat avocat doit entamer un stage pratique de 9 mois chez un avocat exerçant. " Pour espérer prêter serment et entamer mon métier d'avocat, je dois passer par d'autres étapes. Le cap le plus dur, à sur-dépasser, est de se procurer une domiciliation chez un avocat, qui doit avoir six ans d'expérience au minimum ", a précisé Imad, apparemment trop agacé par cette démarche. Et oui, il y a de quoi être inquiét pour ce jeune étudiant qui a un seul rêve, celui de porter un jour la robe noire. C'est vraiment compliqué pour lui et pour des centaines de jeunes dans son cas, de trouver un bureau d'avocat pour passer le stage obligatoire d'apprentissage et de perfectionnement. En parallèle avec tout ça, l'avocat stagiaire est obligé de fournir un dossier, exigé par les bâtonnats, avant de prêter serment. Ce dossier démontre le degré atteint par la bureaucratie dans notre pays. En plus des documents traditionnels qu'on a l'habitude de fournir pour ce genre de dossier administratif, on a constaté parmi les pièces, composant le dossier de candidature, des documents qui ne servent à rien, sinon à favoriser certaines catégories. En effet, entre les vingtaines de pièces à fournir, se distinguent deux attestations : Attestation de fils de Chahid et l'attestation de membre ALN ou OCFLN (l'Organisation Civile du FLN). " Ce dossier est excessif. On veut casser notre volonté avec leur bureaucratie. En revanche, le même dossier favorise certains candidats au détriment des autres. Tu peux être un étudiant brillant et avoir un grand potentiel d'avocat, mais si tu n'a pas un soutien important, tu ne peux rien espérer ", a indiqué encore Imad, qui doit achever son Capa cette année. Notre témoin nous dévoile également une confidence faisant état d'aspects douteux, pour réussir à prêter serment. " La bureaucratie et les conditions de la sélection des avocats stagiaires obligent quelques jeunes postulants, à utiliser d'autres méthodes pour se faire accepter, dit-il, soit chercher des connaissances ou même faire appel à la traditionnelle Tchipa ".


Toutes ces conditions et les formalités n'aident pas à développer le métier d'avocat dans notre pays et restent un obstacle majeur pour une vraie réforme de la justice algérienne. Pour rappel, chaque avocat stagiaire s'acquitte obligatoirement d'une somme de 5 millions de centimes pour prêter serment, permettant à l'organisation syndicale des robes noires d'encaisser dans sa trésorerie des milliards de centimes. Récapitulons donc, avant de prêter serment, l'avocat stagiaire doit faire une année de Capa avec paiement de 10 000 DA et à partir de l'année prochaine trois ans d'étude à l'école des avocats, faire un stage de 9 mois, où il est exploité par des avocats chevronnés puisque sont très rares ceux qui paient leurs stagiaires, constituer un dossier administratif " à l'algérienne " et enfin verser 5 briques de centimes pour le syndicat qui va défendre ses droits. Il était temps. L'avocat algérien doit défendre ses droits, avant de penser à défendre ceux des citoyens.

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Les syndicats de l'éducation: L'échec né de la discorde

28 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Les syndicats de l'éducation
L'échec né de la discorde

Par Samir Ghezlaoui
In Tribune Des Lecteurs du 01/03/2010

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La grève dans le secteur de l’éducation a complètement gâché l’année scolaire en cours. Désormais, quoi qu'il se passe dans les jours à venir, le ministère de l'Education nationale et les syndicats autonomes, ou affiliés à la centrale syndicale, ont perdu leurs paris lancés au début de l'année scolaire. Toutefois, ce n'est ni la tutelle ni les autres qui payeront ces échecs. Comme d'habitude dans cette Algérie pleine de revers, c'est le simple citoyen qui paie le prix fort de la mauvaise gérance. Cette fois-ci, ce sont les élèves des trois paliers, sous la tutelle de Boubekeur Benbouzid, qui se sacrifient à cause des décisions contestées de ce dernier. Mais les syndicats ne sont pas, tout à fait, exempts et ont eux aussi une grande part de responsabilité dans ce malaise, pesant sur l'école algérienne. Hier, encore, les élèves n'ont pu rejoindre leurs salles de classe. Tous les établissements scolaires étaient paralysés, au grand dam des candidats aux différents examens de fin d'année. On va, donc, droit vers le mur. La piste de l'année blanche se précise. Les parents d'élèves, seuls vrais défenseurs des intérêts de leurs enfants, commencent à pointer de doigt les syndicats qui ne veulent pas mettre un terme à leur grève. Cependant, les organisations syndicales, du moins celles qui maintiennent la pression, se dégagent d'ores et déjà de la responsabilité des éventuelles retombées négatives des débrayages sur l'avenir des élèves.

La grève continue


Les syndicalistes renvoient la balle au ministère de l'Education. Selon eux, le seul " coupable " de " l'anéantissement " du secteur de l'éducation est le département de Benbouzid. Puisque ce dernier continue à jouer au sourd-muet dans le traitement de ce dossier. C'est ce qu'a affirmé le président du Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (CNAPEST), Nouar Larbi, joint hier par téléphone. " Il n'y a eu aucun contact avec le ministère. Notre tutelle persiste dans sa fuite en avant et refuse de donner les vraies solutions aux vrais problèmes ", a-t-il souligné. Le responsable du Cnapest a confirmé que le taux de suivi de la grève, menée par ce syndicat conjointement avec l'Union nationale du personnel de l'éducation et de la formation (UNPEF), a atteint 92% au niveau national. Ce chiffre démontre, en fait, l'ampleur et l'importance du débrayage auquel ont appelé le Cnapest et l'Unpef depuis le 24 février.
Le Secrétaire général de l'Unpef, Sadek Dziri, nous a indiqué hier, de son côté, que l'implication des fonctionnaires de l'éducation dans cette grève est " presque parfaite ", aux quatre coins du pays. " Nous avons constaté un taux de suivi variant entre 80 et 98% ", a-t-il précisé. Au-delà de la guerre habituelle des chiffres entre les syndicats et le ministère, dans des circonstances pareilles, les responsables, des deux syndicats protestataires, parlent d'un " manque de sérieux " et des leurres de la part du ministre de l'Education lui-même. Toujours, d'après nos interlocuteurs, le litige qui les oppose à leur tutelle, se pose autour de trois points principaux qu'il faut impérativement régler: le dossier des indemnisations, les œuvres sociales et la médecine du travail.


Syndicalisme et leadership !

 
Faisons, donc, une lecture de la situation générale, qui règne actuellement sur le secteur de l'éducation nationale. Primo, Boubekeur Benbouzid a tort de penser que tous les problèmes du secteur sont réglés avec son annonce des nouvelles grilles des salaires et des indemnisations. " Une grille erronée ", selon le Cnapest et l'Unpef. Secundo, les syndicats du secteur sont contraints de vivre une crise de crédibilité envers l'opinion publique et particulièrement les parents d'élèves, à cause de la publication des revalorisations dans la presse nationale. Les gens ne comprennent pas le fait que certaines organisations syndicales ont accepté l'offre du ministère, et, du coup, ont gelé leurs mouvements de contestation, tandis que d'autres poursuivent la grève. Faut-il rappeler que le Conseil national des lycées d'Algérie (CLA) et le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (SNAPEST), ont suspendu leurs grèves, juste après l'annonce des nouvelles mesures ministérielles. Les parents d'élèves se demandent, donc, où est l'intérêt de l'élève dans la discorde qui décrit la relation entre les différents syndicats de l'éducation ? Cette question pressante, nous l'avons posée au porte-parole du CLA, Achour Idir, au début de tous ces mouvements de débrayage. Ce dernier nous a témoigné qu'il y avait une volonté de son syndicat, pour organiser une action commune de tous les syndicats du secteur. Mais depuis, rien n'est fait. " Le ministère a peur de l'union des syndicalistes. Du coup, il sème le doute et tente tant bien que mal de diviser les rangs des militant syndicaux et de les discréditer aux yeux de l'opinion publique nationale", a déclaré Achour Idir, à mainte reprises, pour Tribune Des Lecteurs. Hier, nous avons posé également la même question à Sadek Dziri, de l'Unpef, qui a répondu diplomatiquement que " chacun a sa façon de militer et de voir les choses ", tandis que le SG du Cnapest était plus clair et plus direct dans sa réponse. " Le militantisme syndicale ne jure que par le terrain. Le ministère ne peut pas cacher ou ignorer la réalité. Franchement, les autres syndicats parallèles ne représentent rien. Il n'ont aucun poids dans notre secteur ", a rétorqué Larbi Nouar.
Il faut dire que le taux de suivi de la grève du Cnapest marque des records. Cela dit, la discorde entre les différents syndicats de l'éducation nationale bloque l'aboutissement vers des solutions fiables, équitables et durables, au malaise qui ronge ce secteur d'un côté et qui met en jeu l'avenir des milliers d'élèves qui risquent une année sans école, de l'autre. Attendons pour voir… 

 
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