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Blog de Samir Ghezlaoui

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L’Algérie au lendemain de l’assassinat d’Ali Tounsi: Entre peur et stupeur…

27 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Reportages

L’Algérie au lendemain de l’assassinat d’Ali Tounsi

Entre peur et stupeur…


Reportage réalisé par Samir Ghezlaoui

 

ALI TOUNSINous sommes le 25 février, il est à peine 11h00. L’atmosphère était plutôt dégagée sur le Grand Alger. Les citoyens profitaient au maximum d’un très beau temps de « printemps ». Soudainement, quelque chose de bizarre vient gâcher l’allure sereine des gens. En une infraction de secondes, un sentiment d’inquiétude et de stupéfaction plonge toute la Capitale dans le doute.

« Tu es au courant de la nouvelle ? », se demandaient plusieurs étudiants au niveau de la Fac centrale. « Lorsque j’ai remarqué le chuchotement des uns et des autres, j’ai compris qu’une regrettable information vient de tomber. Je vous ne le cache pas, j’ai pensé directement à l’équipe nationale et d’éventuelles nouveautés concernant le litige avec les égyptiens. Mais tout de suite j’ai compris qu’il s’agit d’autre chose », a répliqué un étudiant en Pharmacie. La nouvelle, faut-il le dire, faisant état de l’assassinat du Directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi, s’est répandue comme une trainée de poudre et tout Alger se met à…réagir. Les conversations allaient bon train à propos de l’Assassinat du DGSN. Au début, tout le monde songeait à une rumeur. Quelques instants plus tard, la Chaîne El-Djazerra venait de répondre d’une manière quasi-officielle : Ali Tounsi est bel et bien tué dans son bureau. Les gens commencent alors de s’en rendre compte. « J’étais à la Fac quand j’ai reçu un SMS de mon frère ainé m’informant que Ali Tounsi est assassiné dans son bureau », explique Yacine, un étudiant en communication, avant d’exprimer son choc suite à la tuerie. « Je ne comprends pas comment un Cadre de cette stature soit tué dans son propre fief. J’étais stupéfié car, je pensais, que ce genre d’incident ne devait se produire à ce niveau », dit-t-il. Une fois l’information est divulguée officiellement, le même sentiment d’incompréhension et de questionnement domine Alger et tout le pays. Hier encore, les habitants de la Capitale se sont réveillés sur le désarroi et la suspicion autour de l’assassinat du Premier Policier algérien. Dans les quartiers populaires comme Bab-El-Oued, où s’est produit l’homicide, un climat d’angoisse s’installait dans les esprits des citoyens. Dans les cafés, les marchés et autres lieux publics, le meurtre du chef de la police était sur toutes les lèvres. Cet événement a suscité pas mal de questions chez un groupe de vieux que nous avons rencontré dans un café à Alger-Centre. Et à chacun un point de vue qui s’oppose parfois diamétralement des autres avis de ses concitoyens. « Ce qui c’est passé à la DGSN est grave. Comment peut-on être sûr qu’un acte pareil ne touchera pas d’autres cadres de l’Etat », s’interrogeait un retraité de la fonction publique. Pendant ce temps, son compagnon est allé un peu plus loin en pestant : « Je vous jure que le cas de Boudiaf m’est revenu tout de suite à l’esprit». Enfonçant le clou d’un cran, Aâmi Mouh, ex-comptable, ne s’est pas empêché de prévoir « la mise en branle de la plus haute sphère du pouvoir en conséquence à cet incident inattendu ». Notre interlocuteur ne cache pas son étonnement du fait que le communiqué du ministère de l’intérieur indiquait que c’est son proche collaborateur qui l’a tué. « Mais pourquoi, bon Dieu ?», tonnait-il.

 

On se pose des questions !

 

Continuant notre virée, nous avons recueilli l’avis d’un journaliste confrère, stupéfié lui aussi par ce « fait choc ». « Je ne sais pas si nous ne devons pas faire un lien entre toutes ces histoires de corruption qui secouent plusieurs institutions de l’Etat et ce meurtre. Il ne faut pas oublier qu’on parle du limogeage de l’assassin par sa victime », rappelle-t-il. L’assassinat du DGSN a créé, davantage, un sentiment terrorisant chez les algériens stressés auparavant par le quotidien très dur, la cherté de la vie et les rumeurs qui circulent ici et là quant à un éventuel conflit au sein du pouvoir. Les citoyens ont tendance à avoir peur. « J’espère que ce ne va pas dégénérer. Nous avons marre de cette Algérie qui se déchire », a déclaré une quadragénaire. C’est dire la plupart des algériens étaient choqués par la gravité des faits achevés par la mort du DGSN, en fonction depuis pratiquement quinze ans. Durant notre contact avec les citoyens nous avons constaté que les gens étaient inquiets beaucoup plus par rapport à la façon du meurtre qu’à autre chose. « On aurait avalé ça facilement si c’était un attentat terroriste. Mais qu’un haut responsable soit tué ainsi, il y a de quoi être préoccupé quant à l’avenir de notre pays », a affirmé un gérant d’un café à la rue Didouche Mourad. Enfin, une vieille femme, que nous avons croisée à la rue Tanger, souhaitait que les choses s’arrangent rapidement dans le bon sens. « Prions Dieu que le spectre de la discorde ne prendra pas, de nouveau, en otage notre chère Algérie », a-t-elle avancé avec un accent loin d’être rassurant. Personne à Alger, comme ça doit être le cas dans les quatre coins du pays, n’est indifférent à propos de ce meurtre « hollywoodien » du DGSN. Tout d’abord l’indignation et la consternation, pis la stupéfaction, l’étonnement, l’émotion, la curiosité, l’inquiétude, la frayeur, la peur et la stupeur, tous ces mots ne servent, au fait, qu’à décrire une simple partie d’un état d’esprit trop particulier des Algériens au lendemain de l’assassinat d’Ali Tounsi. L’Algérie effrayée craint le pire.

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Benbouzid n'a pas retenu… les leçons ! *

17 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Les syndicats et les parents d'élèves en ont ras-le-bol

Benbouzid n'a pas retenu… les leçons !



Par Samir Ghezlaoui

 

Le débrayage dans le secteur de l'éducation nationale mené par le syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (SNAPEST) a connu, durant son deuxième jour, une légère augmentation du taux de suivi avec l'adhésion de nouveaux établissements scolaires. Du moins c'est la synthèse faite par le président de cette organisation syndicale, Meriane Meziane, joint hier par téléphone. " Nous avons signalé de nouveaux lycées qui ont rejoint la grève ", a-t-il affirmé. Répondant aux chiffres officiels concernant le taux de suivi annoncés par le ministère de l'Education nationale, notre interlocuteur les a qualifiés de " ridicules ". En refusant de céder à la guerre traditionnelle des chiffres, le responsable du SNAPEST a, tout de même, donné quelques précisions. " Le ministère parlait de 3% comme taux de suivi, soit au total 1800 grévistes au niveau national. Hors, si on prend l'exemple de la wilaya d'Oran où le taux de suivi de la grève dans son premier jour a frôlé ses 100%, soit plus de mille grévistes, on comprendra que les statistiques de notre tutelle ne tiennent pas la route. Autrement dit, ce chiffre est erroné ", a-t-il expliqué. Selon le même syndicaliste, on veut seulement minimiser l'importance et l'impact de cette action de contestation, " comme d'habitude ". Le porte-parole des enseignants contestataires, a accusé le ministre Benbouzid de vouloir discréditer les militants syndicaux aux yeux de leurs bases et aux yeux de l'opinion publique nationale avec sa méthode de communication. En tout cas, dit-il, en faisant appel à un adage populaire, " il veut cacher le soleil par un tamis. Toutefois, nous restons déterminés à poursuivre notre grève et notre lutte jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites ".

Le ministre assumera l'année blanche


Le président du SNAPEST a, par ailleurs, mis en garde le ministre de l'Education d'assumer, à lui tout seul, les retombées d'une éventuelle année blanche. Dans le même sillage, le porte-parole du conseil des lycées d'Algérie (CLA), Achour Idir, a qualifié les statistiques communiquées par le ministère à propos du taux de suivi de la grève dans ce secteur de " mensonges et de langue de bois ". Le responsable du CLA estime, avec des propos à peine voilés, que Benbouzid n'a pas retenu les leçons des actions précédentes en optant pour des " faux débats et des déclarations contradictoires stériles " dans l'unique but de semer le doute et créer des divergences au sein même des organisations syndicales. " La tutelle a peur que le mouvement syndical et l'entourage social s'unissent, donc elle tente de diviser et dessouder les rangs des enseignants et les autres fonctionnaires qui font preuve de résistance et d'une détermination d'aller de l'avant dans leur lutte de dignité ", a-t-il souligné. D'ailleurs, " le ministre a prouvé depuis plusieurs années, qu'il s'en fout pas mal des enseignants et même des élèves. Son seul et unique but c'est de donner un rapport doré à la fin de l'année scolaire faisant état du taux de réussite aux examens de fin de l'année dans les trois paliers sous sa tutelle ", a estimé Achour. Ce dernier pointe du doigt Benbouzid qui, selon lui, se focalise uniquement sur la rentrée scolaire et son achèvement au détriment de la qualité des cours et le niveau et la situation pédagogiques qui se dégradent de plus belle. " Il faut savoir que cette année par exemple, au moment où je vous parle, nous enregistrons un retard de 50% dans l'application du programme scolaire ", a-t-il précisé. Pour les prochaines actions du CLA, notre interlocuteur a confirmé la tenue d'une grève d'une semaine renouvelable à partir du 21 février. Ce syndicat envisage également un rassemblement le 24 février, probablement, devant le Palais du gouvernement à Alger. Ce sera une sorte de contribution à l'action commune annoncée par plusieurs syndicats de l'éducation nationale prévue pour cette même date où prendront part, notamment, le CNAPEST, le SNAPEST et l'UNPEF. Les parents d'élèves, de leur côté, vont faire bouger les choses dans les quelques jours à venir. Les porte-parole des premières victimes de ce bras de fer entre les syndicats et le ministère de l'Education se concertent pour trouver des solutions protégeant l'intérêt de leurs enfants et éloigner le spectre de l'année blanche qui pointe à l'horizon. Ces solutions seront sous formes de médiation entre les deux parties antagonistes ou plus radicales, quitte à faire appel à la justice. Effectivement, les associations des parents d'élèves pensent sérieusement à ester en justice les responsables de ce blocage qui met en jeu l'avenir de leurs enfants.
Selon leurs divers avis, les responsables peuvent être des deux côtés.
D'abord, les syndicats qui pénalisent les élèves avec des grèves répétées et ensuite le ministère de l'Education qui refuse de prendre au sérieux les syndicats et satisfaire leurs revendications légitimes.

 

In Tribune Des Lecteurs du 18/02/2010

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Achour Idir, porte-parole du CLA, à Tribune Des Lecteurs: "Le ministre veut semer le doute "

17 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Achour Idir, porte-parole du CLA, à Tribune Des Lecteurs: "Le ministre veut semer le doute "


Interview réalisée par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 17/02/2010

 

Le porte-parole du Conseil des Lycées d'Algérie (CLA), M. Achour Idir, nous livre ses impressions et ses prévisions par rapport aux débrayages répétés que connaît le secteur de l'éducation nationale en Algérie depuis plusieurs mois. Lui-même enseignant à Béjaia, il dénonce la dégradation du niveau social de cette frange importante dans notre pays ce qui est dû, selon lui, à la fuite en avant des responsables de la tutelle et l'absence d'une réelle volonté politique pour sortir ce secteur de ses latences. En fait, c'est un SOS qu'il lance vers les responsables du secteur et ses camarades des autres syndicats pour tenter de sauver ce qui reste à sauver en optant pour des solutions durables de cette crise multidimensionnelle du secteur de l'éducation.

Quelle est votre analyse de la situation sociale que vit actuellement l'Algérie, notamment les différents débrayages?
La politique économique adoptée par le gouvernement depuis des années n'encourage ni la consommation ni la production. Ce qui a provoqué une dégradation flagrante du pouvoir d'achat de tous les salariés d'un côté, et de l'autre côté l'augmentation du taux de chômage et la précarité de l'emploi. Contrairement au discours officiel qui avance des indices macro-économiques positifs, les indices micro-économiques sont en alerte maximale. La situation sociale de plus de 90% des Algériens est dans la zone rouge ce qui ne les laisse pas indifférents.

 

Le secteur de l'éducation ne cesse de connaître des mouvements de contestation mais sans résultats significatifs. A votre avis, pourquoi cette stérilité ?
Les luttes menées dans le secteur de l'éducation depuis quelques années ont arraché des acquis. Toutefois, ces gains demeurent en dessous des attentes des fonctionnaires de notre secteur qui ont cru aux différentes promesses données pendant des années par la tutelle pour une réelle prise en charge de leurs revendications. Effectivement, dès que la lutte s'arrête ou fait une pause, les responsables entrent dans un mutisme qui ne peut trouver une explication en dehors du fait qu'ils cherchent à calmer les esprits pour gagner du temps au détriment de l'intérêt des élèves et des travailleurs du secteur.

 

Que pensez-vous de la nouvelle méthode de communication de " Lettre ouverte " adoptée par le Ministère de la tutelle ?
Le mensonge, la menace, les intimidations ont été de tout temps les réponses privilégiées du ministre à tout mouvement de lutte dans le secteur. Quant à la lettre ouverte, c'est une ancienne méthode qui a comme objectif de semer le doute entre les travailleurs et leurs représentants syndicaux ainsi que le discrédit de l'action syndicale vis à vis de l'opinion publique.

 

Qu'en est-il des revendications du CLA ?
Le CLA est né autour de trois revendications principales qui sont : une politique salariale permettant un pouvoir d'achat décent. Un statut particulier digne pour les travailleurs du secteur de l'éducation et une retraite après 25 ans de service. En plus de ses revendications, le CLA s'inscrit dans la défense de l'école publique et de sa qualité. Malgré les différentes luttes entamées depuis 2003, nos revendications demeurent toujours sans réponses satisfaisantes.

 

Envisagez-vous de nouvelles actions dans l'immédiat ?
Effectivement, après une attente qui a duré plus de deux mois depuis l'arrêt de la grève du mois de novembre dernier, le CLA a organisé une journée de protestation le 27 janvier et entrera en grève ouverte à partir du 21 février prochain. Cette action sera accompagnée par des rassemblements au niveau du minisère de l'Education nationale et du palais du gouvernement.

 

Quelles sont les alternatives que propose votre syndicat comme solutions durables pour la crise qui ronge le secteur de l'éducation depuis plusieurs années ?
A mon sens, il est temps de procéder d'urgence à la satisfaction des doléances et des revendications soulevées par les travailleurs du secteur et inscrites dans les différentes plates formes de revendications des syndicats. Nous pourrons, ainsi, instaurer un véritable dialogue entre la tutelle et les différents acteurs intervenant dans le secteur (enseignants, inspecteurs, administrateurs,…etc) afin de trouver les meilleurs moyens et outils qui permettront à l'Algérie d'avoir un système éducatif performant et accessible à tous les Algériens.

 

On vous laisse le soin de conclure…
Le système éducatif algérien est malade sur le plan pédagogique (contenus des programmes, surcharge des classes, surcharge des emplois du temps,…etc) et sur le plan socioprofessionnel des travailleurs du secteur (salaire de misère, statut dévalorisant du métier, plus de 80% des travailleurs du secteur meurent avant le départ à la retraite,…etc). Devant cette situation dramatique, les pouvoirs publics continuent dans leur mutisme malgré l'existence de moyens pour la prise en charge de toute cette situation. Je conclue en lançant un appel à tous les travailleurs qui doivent se mobiliser autour de leurs revendications en se mettant en lutte car la lutte est le seul moyen de les faire aboutir.

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L'Occident menace, l'Iran persiste: Vers un uranium enrichi à 20%

10 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Dossier

L'Occident menace, l'Iran persiste
Vers un uranium enrichi à 20%

 

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 10/02/2010

 

1-iranian-president-mahmoud-ahmadinejad-visits-the-natanz-nMalgré les protestations des puissances occidentales qui ont brandi la menace de nouvelles sanctions, l'Iran a lancé hier, officiellement, la production d'uranium hautement enrichi dans l'usine de Natanz en plein centre de la capitale, Téhéran. " Nous avons commencé aujourd'hui à enrichir de l'uranium à 20% sur une cascade de centrifugeuses séparée de l'usine de Natanz ", a déclaré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Ali Akbar Salehi. Il a précisé que cette cascade de 164 centrifugeuses, " produirait 3 à 5 kilos d'uranium enrichi à 20% par mois pour le réacteur de recherche de Téhéran, ce qui est le double de nos besoins ", déclare-t-il. Le lancement du processus d'enrichissement d'uranium à 20% a été notifié lundi à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) dont des observateurs étaient présents hier à l'usine de Natanz. Cette usine est placée officiellement sous le contrôle de l'AIEA. L'annonce iranienne a suscité un tollé dans la communauté internationale, notamment parmi les puissances occidentales qui soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Notons que l'uranium doit être enrichi à 90% pour permettre de fabriquer une bombe atomique. Mais, selon plusieurs experts, l'Iran ne maîtriserait pas la technologie de la transformation de l'uranium en barres de combustible, qui servirait à cette activité. Les États-Unis et la France sont d'ores et déjà d'accord pour infliger des nouvelles sanctions à l'Iran, une position appuyée de force par Israël qui demande à ses alliés de réagir rapidement. Il faut dire aussi que cette fois-ci, Téhéran ne peut pas compter sur Moscou pour la soutenir, puisque les responsables Russes ont exprimé des doutes sur ses ambitions nucléaires. Ce qui semble être un durcissement de ton de Moscou envers son allié iranien. En effet, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov et la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, se sont entretenus sur plusieurs questions liées à la sécurité nucléaire, a indiqué hier le ministère russe des Affaires étrangères à l'AFP, dont l'importance de châtier l'Iran. En revanche, les Iraniens peuvent toujours compter sur leurs amis chinois puisque Pékin a réitéré son appel à la poursuite des pourparlers pour trouver une solution équitable et durable de ce conflit. De leur côté, les Turcs proposent leur médiation afin de trouver une solution diplomatique à la crise du nucléaire iranien. En tout cas, c'est ce qu'a signalé le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui se rendra dans les quelques heures à venir à Téhéran. Wait and see!

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Le docteur Saidj Mustapha à Tribune Des Lecteurs: "Les Occidentaux perçoivent leur intérêt dans le changement du régime iranien"

10 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Dossier

Le docteur Saidj Mustapha à Tribune Des Lecteurs: " Les Occidentaux perçoivent leur intérêt dans le changement du régime iranien "

Interview réalisée par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 10/02/2010


Le docteur Saidj Mustapha, éminent expert algérien en relations internationales et maître de conférences à l'école supérieure des sciences politiques d'Alger, entre outre consultant de la chaîne publique terrestre ENTV, livre ses avis et nous offre une analyse plutôt objective des événements qui ont suivi la réélection du président iranien, Ahmadenijad, et son influence sur la région et le dossier du nucléaire iranien.Saidj-Mustapha.jpg

 

Tribune Des Lecteurs : L'Iran maintient le bras de fer qui l'oppose aux pays occidentaux en optant pour la production de l'uranium hautement enrichi. Qu'est-ce que vous pouvez dire à ce sujet ?
Dr Saidj Mustapha : L'Iran suit une stratégie claire dans la gestion de son dossier nucléaire. Cette stratégie consiste à maintenir une pression constante sur ses adversaires occidentaux, notamment dans les périodes de discussions et de négociations. Le but idéal du négociateur iranien est d'avoir l'accréditation des pays européens et des Etats-Unis, pour l'enrichissement de l'uranium localement. La politique stratégique du régime iranien est de maîtriser parfaitement la technologie nucléaire, car les Iraniens sont convaincus que cette énergie est celle de l'avenir. Donc pour l'instant, les ambitions iraniennes se limitent à la préparation de la période d'après pétrole, basée sur le nucléaire civil. Néanmoins, l'Iran pourra se lancer dans le nucléaire militaire, dans le but de se procurer l'arme atomique pour se protéger des Américains et d'Israël. Ce qui ne plaît guère aux grandes puissances mondiales, comme les USA, la France, la Russie et, de plus ou moins, la Chine. Ces pays veulent monopoliser l'énergie nucléaire civile et militaire, pour des fins géostratégiques et économiques. La preuve, à chaque fois que les Occidentaux menacent, l'Iran réplique par un discours incendiaire du président Iranien, voire même avec des manœuvres militaires dans la région de l'Hormoz au Golfe persique, fréquentée par plus de 30% des paquebots transportant le pétrole. On peut citer une dernière remarque, c'est que, à l'avenir, celui qui détient la technologie nucléaire sera un détenteur de toute l'industrie de l'armement. Récapitulons donc, l'Iran veut s'accaparer l'énergie nucléaire, pour deux aspects ; d'abord le civil, puisque les dirigeants iraniens son convaincus que l'après pétrole est le nucléaire, puis vient l'aspect militaire, afin de se protéger contre le danger étranger qui peut venir d'Israël et des Etats-Unis.


Quelle est votre analyse concernant les violentes manifestations à Téhéran, en juin et en décembre derniers?
Avant de répondre à votre question, je note quelques remarques. Le système politique iranien est représenté par deux grands courants. Les conservateurs au pouvoir, sous la protection du guide Ayatollah Khamenei, et représentés politiquement par le président Ahmadinejad, détiennent les recettes du pétrole et l'industrie militaire. C'est dire, leur intérêt est d'être en désaccord constant avec l'Occident. Le deuxième courant est celui des réformateurs qui aspirent leur force du commerce, ce qu'on appelle les grands bazars. Ceux-là veulent l'ouverture sur l'Occident, car ils retrouvent leur intérêt dans les transactions commerciales. Revenons sur la question, ces deux tendances étaient confrontées, durant les dernières élections présidentielles. Le guide suprême de la République islamique, qui devait garder la neutralité dans les élections locales et présidentielles, conformément à la constitution iranienne, s'est affiché à côté d'Ahmadenijad. Ce qu'a dénoncé fermement l'opposition. Il faut dire, aussi, que les réformateurs ont exploité les nouvelles donnes de la société iranienne, qui est touchée par les effets de la mondialisation. Devant la fermeture des espaces médiatiques classiques, le citoyen iranien a trouvé ses espérances dans les nouvelles technologies de l'information, comme Twitter, et les différents réseaux sociaux via Internet. Ce qui a fait profiter à l'opposition, pour mobiliser le maximum de militants dans les contestations.


Certains experts disent qu'on ne peut pas séparer les troubles politiques internes en Iran des ambitions nucléaires de ce pays?
Ceci est très intéressant. A chaque fois qu'il y a des frustrations et une pression interne en Iran, le clan conservateur fait appel à la théorie de l'ennemi extérieur. Cet ennemi est l'Occident, traité souvent par l'Ayatollah de " grand diable ", qui menace la sécurité de la nation et la religion du Dieu. Pis, ça devient une affaire de trahison de la nation, pour tous les Iraniens qui tenteraient de s'approcher des Occidentaux. Ces derniers, de leur côté, ont profité des dernières manifestions pour exprimer leur mépris par rapport au régime d'Ahmadenijad. Ils ont voulu démontrer au monde que l'Iran est une dictature qui ne doit pas avoir entre ses mains l'arme nucléaire.


On a vu quand même les Occidentaux soutenir Mir Moussavi contre Ahmadinejad, tout en jouant sur les divisions interiraniennes?

Oh que c'est vrai. Mais ça reste une question d'intérêts, d'abord politiques mais surtout économiques. Les Occidentaux trouvent leurs comptes dans le changement du régime conservateur en Iran. Les seuls qui peuvent garantir les intérêts pour les pays européens et les Etats-Unis sont les réformateurs qui détiennent leur force du commerce. Toutefois, ces pays n'ont pas vraiment aidé l'opposition iranienne, ou la " révolution verte " comme l'appellent certains experts. On ne peut pas comparer ce qui s'est passé en Iran à la révolution orange en Ukraine, par exemple. Durant cette dernière, les Etats-Unis ont soutenu concrètement l'opposition, menée par Viktor Iouchtchenko, en lui versant des millions de dollars par le biais de plusieurs organisations américaines. Quant à l'opposition iranienne, elle n'a eu que le soutien moral de quelques responsables occidentaux et médiatique de la presse américaine et européenne. Je pense que les réformateurs iraniens avaient des moyens financiers suffisants grâce à leur commerce florissant. Moussavi et ses alliés n'ont pas besoin de l'aide occidentale, du moins sur ce plan.


Justement, des responsables iraniens ont qualifié les images regrettables des répressions des manifestants à Téhéran, de mise en scène. Quel est votre commentaire là-dessus ?

Non, je ne pense pas que cela pouvait se passer. Certes, les Occidentaux étaient contre les répressions des manifestants et soutenaient ouvertement l'opposition, mais pas au point de faire des mises en scènes. Il ne faut pas oublier que ces images, regrettables comme vous le dite, de matraquage et de violences contre des jeunes révoltés commis par la police, les forces antiémeutes et les paramilitaires du Bassij, ont été rapportées par toutes les chaînes de télévisions du monde entier. Autre chose, l'opposition a authentifié l'exactitude de ces répressions par plusieurs communiqués rendus à la presse internationale.


A votre avis, est ce que la réélection de Ahmadinejad, accusé de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ne va pas attiser les tensions régionales, surtout par rapport à Israël ?
Oui, en effet c'est ce point précisément qui dérange, le plus, les Occidentaux, à leur tête les Etats-Unis. Ahmadinejad a déclaré plusieurs fois qu'il faut raser Israël de l'existence. Ce qui ne plaît guère aux Américains, protecteurs réclamés de l'Etat sioniste. Les juifs représentent les intérêts américains dans la région, et la seule menace sérieuse contre ses intérêts est le régime iranien actuel. Donc, pour l'administration américaine, il vaut mieux éradiquer, ou du moins affaiblir cette menace ennemie, avant qu'il ne soit trop tard. D'ailleurs, mêmes certains pays arabes méprisent le régime iranien. Les responsables de ces pays n'aiment pas trop l'ingérence iranienne dans des affaires internes de quelques pays arabes. Pis, ils voient toujours l'Iran comme un concurrent perse et une menace militaire et économique dans la région du Golfe. Enfin, ils méprisent le fait que l'Iran soit un porte-parole parallèle des peuples musulmans, à travers le monde, tout à fait comme c'est le cas de la Turquie.


Plusieurs médias occidentaux prévoient la chute du régime iranien en 2010, soit par une attaque israélo-américaine, soit par une guerre civile dévastatrice. A votre avis, est-ce possible ?
Tout est envisageable. Vous savez, les choses sont vraiment agitées entre l'Iran et les Occidentaux. Il suffit d'un petit prétexte pour que tout éclate. Ce sera la goutte qui fera déborder le vase. Toutefois, une guerre civile iranienne ne peut pas avoir lieu, car le régime de Téhéran a repris les choses en mains, grâce au discours réunificateur du pouvoir iranien. Reste l'attaque ou une agression militaire directe contre les positionnements militaires de la République islamique iranienne. Cela est fort prévisible, surtout si le dialogue entre Téhéran et les grands négociateurs du Conseil de sécurité, appuyés par l'Allemagne, n'aboutit pas à une solution durable de la question de l'enrichissement de l'uranium iranien. Cependant une telle action ne sera jamais effective sans l'aval de la Chine et de la Russie.

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Iran,le grand défi!

10 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Dossier

Le régime des Mollah est-il une vraie menace pour la " profondeur stratégique " de l'entité sioniste ?
Iran, le grand défi !

 

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 10/02/2010


Le jeu du chat et de la souris bat son plein entre l’Iran et les pays membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne, particulièrement les Etats-Unis et la France. Tout se joue autour du programme nucléaire iranien. Cette histoire se complique de plus en plus avec la nouvelle approche des pays occidentaux basée sur le soutien de ce qu'ils appellent " le mouvement réformiste ", opposé aux résultats des dernières élections présidentielles. La preuve, les manifestations ont repris toute leur force durant les festivités célébrant la fête religieuse de l'"Aâchora", en décembre dernier. Les pays européens et les Etats-Unis d'Amérique, qui espéraient l'avènement d'un nouveau régime à Téhéran en soutenant l'opposition menée par Mir Moussavi, menacent d'infliger de nouvelles sanctions au régime iranien qui a, apparemment, su reprendre les choses en main en optant pour le dialogue avec les contestataires. On reproche au président Ahmadinejad, essentiellement, de vouloir se doter de l'arme nucléaire, vu sa détermination de s'emparer de la technologie nucléaire et de l'uranium enrichi. Sans oublier le fait que cette même personne recommandait, à maintes reprises, la destruction d'Israël. Le président iranien reste intransigeant quant au droit légitime de son pays d'avoir toute la technologie nucléaire civile. Ainsi, ce conservateur iranien lance un énième défi contre le reste du monde par rapport à d'éventuelles nouvelles sanctions, tout en préférant la langue du dialogue à celle de la force.

" Une révolution cIRAN.jpgolorée " en Iran ?


La nouvelle d'une possible fraude électorale s'est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l'ayatollah Rafsandjani contre ceux de l'ayatollah Khamenei. Certains spécialistes, soutenant la théorie du complot contre la République islamique iranienne, parlent aussitôt de manœuvres américaines pour déstabiliser le régime de Téhéran. Du moins, c'est ce que défend le journaliste et écrivain français Thierry Meyssan, fondateur du réseau anti-impérialiste : Voltaire. Selon ce courant, Washington a renoncé à attaquer militairement l'Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à " changer le régime ", l'administration Obama préfère jouer la carte -moins dangereuse, mais plus aléatoire- de " l'action secrète ". À l'issue de l'élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d'un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Moussavi et de l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani de l'autre. Elles traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d'être tenue à l'écart de la globalisation économique. " Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu ", écrit Meyssan. Les évènement baptisés " la révolution verte " par la presse occidentale visaient, en grande partie, le changement du régime iranien. " La révolution verte " est, selon la même source, un exemple des " révolutions colorées qui ont permis aux Occidentaux d'imposer des gouvernements à leur solde dans plusieurs pays sans avoir à recourir à la force ", comme c'était le cas en Ukraine en 2004. " Les révolutions colorées sont des changements de régime ayant l'apparence d'une révolution, en ce qu'ils mobilisent de vastes segments de la population, mais relevant du coup d'État, en ce qu'ils ne visent pas à changer les structures sociales, mais à substituer une élite à une autre pour conduire une politique économique et étrangère pro-américaine ", ajoute Meyssan.


La théorie du complot


Le complot, ou plutôt la théorie du complot était, également le cheval de bataille des responsables iraniens pour justifier les manifestations de Téhéran. À leur image, le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a accusé la Grande-Bretagne d'avoir "comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans". D'après ses déclarations sur la chaîne publique iranienne, " des éléments liés aux services de renseignements britanniques étaient arrivés en masse avant l'élection présidentielle ". De son côté, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hassan Qashqavi, a déclaré : " En contradiction avec les normes internationalement reconnues, de nombreux pays européens et l'Amérique soutiennent les émeutiers et les opportunistes au lieu d'inviter le peuple à s'en remettre aux institutions de la démocratie ". " La promotion de l'anarchie et du vandalisme par les puissances ainsi que par les médias occidentaux est absolument inacceptable ", a-t-il ajouté, qualifiant également la Voix de l'Amérique - la radio financée par le Congrès américain - et la BBC de " postes de commandement des émeutes ". Peu après, le correspondant permanent de la BBC à Téhéran, Jon Leyne, a reçu l'ordre de quitter le pays sous 24 heures au motif qu'il aurait, selon l'agence de presse pro-gouvernementale Fars, manqué de neutralité dans ses reportages et diffusé de "fausses nouvelles". Le 17 juin 2009, soit trois jours après la réélection d'Ahmadinejad, l'ambassadeur suisse à Téhéran - qui représente les intérêts américains en Iran, les Etats-Unis ne disposant pas d'ambassade - avait été convoqué : Washington avait été accusé par le régime iranien d'être derrière les manifestations. Deux jours plus tard, c'est-à-dire le 19 juin, l'ayatollah Khamenei s'en est ouvertement pris à l'"Angleterre diabolique", qu'il accuse de téléguider les manifestations, dans son prêche à l'Université de Téhéran. Khamenei a évoqué les "ennemis" de l'Iran qui "prennent pour cible la légitimité du pouvoir islamique en remettant en cause l'élection et sa validité, avant et après le scrutin. A la suite des manifestations de rue, certaines puissances étrangères ont commencé à s'ingérer dans les affaires de l'Etat d'Iran en mettant en cause le résultat du scrutin". Evoquant, sans la nommer, la radio publique israélienne qui émet des programmes en farsi, le Guide suprême a également vilipendé "la radio sioniste qui tente de modifier le sens de l'élection". Suite à l'emprisonnement de l'universitaire française de 23 ans, Clotilde Reiss à Téhéran le 1er juillet et un employé de l'ambassade britannique, le spécialiste de l'Iran et chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Barah Mikaïl, estimait que "l'emprisonnement de Clotilde Reiss est une prise d'otage". Il ajoute que le régime iranien "agite la théorie du complot dans le but de prouver que les étrangers, et surtout les Occidentaux, sont derrière le mouvement de protestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad".


Origines du conflit


L'Iran, officiellement la République islamique d'Iran, est un pays d'Asie occidentale. Sa capitale est Téhéran et l'Iran avait au dernier recensement de 2006 une population de 71 088 287 habitants. La langue officielle est le persan et sa monnaie le rial. L'Iran est le 4e producteur de pétrole au monde et le 2e exportateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Il dispose aussi de la 2e plus grande réserve en gaz naturel, après la Russie, et en est le 6e producteur. C'est dire, l'Iran est une grande puissance au monde et dans la région du Proche et du Moyen-Orient. Parallèlement, ce pays constitue une menace pour les intérêts occidentaux depuis la proclamation de la République islamique. Tout a commencé avec une forte répression, en 1965, contre l'opposition de gauche et les religieux à la suite d'un attentat manqué contre le Shah.
L'ayatollah Khomeiny est arrêté puis exilé en Irak. Le 16 janvier1979 et après des mois de manifestations réprimées avec violence, le Shah quitte l'Iran pour l'Egypte. Le 1er février de la même année, l'ayatollah Khomeiny rentre à Téhéran. Avec l'aide de ses partisans et le soutien d'une partie de l'armée, il proclama la République islamique, le 1er avril. Au mois d'août, la nouvelle Constitution mise en place accorde à Khomeiny le pouvoir suprême. Depuis cette date, les Occidentaux méprisent le guide de la révolution islamique, laquelle avait emporté en quelques mois la dictature répressive du Shah d'Iran, alors très fortement appuyée par les États-Unis. Comment expliquer un tel tournant ? Il faut savoir que la révolution de 1979 n'a pas été un " évènement " inattendu. Au contraire, c'était le résultat d'une longue accumulation de résistances.
Certes, ces dernières ont éclaté sous le leadership charismatique de l'Iman Rouhollah Khomeiny, mais en réalité, le renversement du Shah fut le résultat de l'action d'une majorité de la population iranienne incluant plusieurs secteurs (classes moyennes urbaines, ouvriers, paysans, déshérités des bidonvilles, religieux, etc). Peu à peu, le nouveau régime s'est consolidé, en dépit et peut-être à cause de l'incapacité des autres factions de présenter un projet acceptable par la majorité des Iraniens. Plus tard, tout a basculé encore une fois avec la guerre contre l'Irak, déclenchée en 1980 par Saddam Hussein, avec l'appui des régimes pétroliers du Golfe et des États-Unis. Cette guerre horrible a soudé la population autour du régime, seul rempart contre le projet démentiel de démanteler l'Iran et d'exproprier ses ressources naturelles. À la fin, l'Iran a pu résister, mais le conflit a épuisé le pays, ses élites et sa population.


Le dossier nucléaire surgit


Au-delà de défendre la nature du régime iranien, autoritaire et loin d'être un exemple de la démocratie puisqu'il est fondé sur un système théocrate, il faut dire que les Occidentaux ont, de tout temps, cherché des prétextes pour faire chuter la République islamique, surtout après la guerre irako-iranienne. L'Iran est devenu une des principales cibles des États-Unis, le pivot d'un "axe du mal" décrété par George W. Bush. En dépit de diverses offres de négocier un apaisement du conflit de la part du régime iranien (notamment au moment de l'invasion de l'Afghanistan par les États-Unis en 2001), la confrontation a pris le dessus. En avril 2007, le président Bush a été à deux doigts d'ordonner une attaque aérienne contre Téhéran, ce que les principaux responsables de l'armée américaine ont heureusement empêché. Diverses manœuvres ont été entreprises pour à la fois déstabiliser l'Iran et l'encercler de bases militaires (en Irak, dans les pays du Golfe, en Afghanistan), tout en établissant une stratégie offensive de renversement du régime. Dénoncé avec force par Israël depuis quelques années, le programme nucléaire iranien avait fait l'objet d'un rapport publié au mois de novembre 2007 par le " Conseil national du renseignement " américain, qui indiquait principalement que les activités nucléaires avaient été interrompues pendant quelques années, mais qu'elles avaient certainement repris depuis le mois d'avril 2007. Se voulant rassurant, le rapport indiquait aussi que l'Iran ne serait pas prêt à produire de l'uranium enrichi avant 2009. Ce qui pouvait paraître rassurant en 2007 devient, donc, particulièrement préoccupant en 2009. Shaoul Mofaz, vice-Premier ministre du gouvernement israélien, n'a cessé de rappeler que "le temps fait partie de la stratégie iranienne". Dans ce sens, un autre rapport, publié le 17 décembre 2008, indique que les objectifs militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute.
Rédigé par une mission parlementaire française, cette fois-ci dirigée par le député socialiste Jean-Louis Bianco, le rapport indique que l'Iran disposera de la bombe atomique d'ici 2012. Nicolas Sarkozy, qui n'hésite pas à rappeler qu'il ne serrera pas la main d'un homme qui souhaite rayer Israël de la carte, a réussi à engager l'Europe sur la voie d'une plus grande fermeté. Or, les efforts de la diplomatie israélienne n'ont pas convaincu toutes les puissances. La Chine, la Russie, comme plusieurs pays du tiers monde, soutiennent le développement d'un nucléaire civil en Iran, sans se soucier outre mesure de son exploitation possible à des fins militaires.


Problème d'intérêt ou de démocratie ?


Plusieurs sont ceux qui ont posé une question capitale à propos des derniers évènements qui ont secoué l'Iran et la position occidentale là-dessus. Est-ce que les Occidentaux veulent réellement défendre la démocratie dans l'intérêt du peuple iranien ou c'est juste une sorte de pression sur Téhéran concernant ses ambitions nucléaires, et défendre leurs intérêts économiques et stratégiques dans la région ? Parlons, donc, du pouvoir iranien afin de mettre les choses dans leur vrai contexte. Il s'agit d'un système de double pouvoir.
D'une part, un pouvoir religieux (la République islamique est donc de ce fait ce qu'on appelle une théocratie), dominé par une " Assemblée des experts " composée de 86 dignitaires religieux élus par le peuple pour huit ans, mais dont les candidats sont sélectionnés par un " Conseil des gardiens " (composé de douze membres dont six dignitaires plus dignitaires que les autres). Cette assemblée élit le " Guide suprême ", le plus haut dirigeant du pays, poste créé pour le fondateur du régime Rouhollah Khomeiny et occupé aujourd'hui par Ali Khamenei. Le guide est un arbitre religieux suprême, il est assisté d'un " Conseil du discernement " (toujours des dignitaires plus dignitaires que les autres : les six gardiens, des autorités " civiles " dont le président de la République et des membres nommés par le guide). D'autre part, existe un pouvoir " civil ", avec le président de la République, élu au suffrage universel, les ministres, les députés, les élus des collectivités locales, la justice, etc. Les candidats à la présidence de la République mais aussi les autres candidats aux autres postes éligibles ou les directeurs administratifs sont " sélectionnés " par le pouvoir religieux (le Conseil des gardiens). C'était le cas des quatre candidats aux dernières élections présidentielles, agréés comme suffisamment " islamiques " pour être " aptes à concourir " à cette présidentielle. Les opposants au régime islamique n'ont donc pas voix au chapitre. Ce qui ne signifie pas que les partisans du régime (y compris les religieux) soient tous sur la même position. On distingue trois tendances. Celle des " radicaux-conservateurs ", représentés par le président sortant Ahmadinejad, est ostensiblement soutenue par le Guide suprême et majoritaire dans les instances islamiques. La tendance " pragmatique ", incarnée par l'ancien président Hachemi Rafsandjani, n'est pas sans influence puisque son leader est président de l'Assemblée des experts. Enfin, les "réformateurs ", minoritaires, incarnés par l'ancien président Mohammad Khatami. Y a-t-il, donc un problème de démocratie en Iran ?
Ce pays est sorti exsangue de la guerre Iran-Irak, avec des centaines de milliers de jeunes tués au front et des millions d'anciens combattants organisés en associations. Il a connu ensuite, sous la présidence de Hachemi Rafsandjani, entre 1989 et 1997, une phase de développement et de libéralisme économique débridée, creusant les inégalités sociales et développant la corruption. Cette situation a provoqué deux types de frustrations. Face à la montée des inégalités, celle des pauvres, des mostazafin (déshérités), souvent des familles d'anciens combattants et de martyrs de la guerre. Face au conservatisme réactionnaire des mollahs et à l'absence de liberté, celles des classes moyennes urbaines, des femmes et des jeunes. Largement plébiscité par les seconds, le " réformateur " Mohammad Khatami va gagner l'élection présidentielle de1997. Mais il ne parviendra pas à réaliser son programme de réformes. Aux élections de 2005, c'est le maire de Téhéran, le conservateur Mahmoud Ahmadinejad qui est élu avec le soutien des pauvres, des petits fonctionnaires et d'anciens combattants, lui-même est un ancien combattant pasdaran.En grande partie grâce aux revenus pétroliers, le gouvernement iranien a amélioré la vie des pauvres gens par divers programmes sociaux. Et en dépit d'une imagerie créée à Washington, la priorité du régime est passée du militaire au social. Sous le Shah, en effet, 18 % du budget était consacré à l'armée alors que sous les gouvernements successifs depuis la révolution islamique, ce pourcentage est tombé à 4 %. Entre-temps, le pourcentage des analphabètes est passé de 53 à 15 %. Plus encore, ce sont les femmes qui ont le plus bénéficié de ces investissements en éducation (80 % des femmes, contre 35% auparavant, sont maintenant alphabétisées).
On le voit à tous les niveaux du système scolaire, y compris à l'Université où le nombre d'inscrits et d'inscrites est passé en trente ans de 154 000 étudiantes à plus d'un 1,5 million, et où les étudiantes composent maintenant 62 % de la population universitaire. Même progression en matière de santé. Le taux de mortalité infantile est passé de 104 pour 1000 à 25. En même temps, le taux de fertilité a tombé, de 7 enfants à 3, par mère, ce qui indique l'accès à la contraception et aux soins médicaux. Fait à noter, les progrès les plus importants sont survenus en milieu rural. Ce sont dans ces régions où le régime a investi en écoles, cliniques, routes, électrification, etc. Plus de 200 000 familles paysannes ont reçu les bénéfices d'une réforme agraire qui, quoiqu'incomplète, a amélioré le sort des paysans. Parmi les pauvres urbains dans les bidonvilles, le pouvoir iranien a organisé un système d'assistance sociale qui permet aux gens d'avoir accès à l'essentiel. Il faut enfin se rappeler que la Constitution adoptée par la révolution promet d'"éliminer la pauvreté, l'analphabétisme, les bidonvilles et le chômage, de rendre accessible l'éducation gratuite à tous, des soins de santé, des pensions". Donc, de ce côté, l'Iran a plutôt avancé.


Qu'est ce qui ne va pas alors ? Il est intéressant de noter qu'un certain nombre de pays viennent de connaître des épisodes électoraux marqués par la contestation des résultats et la multiplication des manifestations.
Les analystes essayent de classer toute cette effervescence selon des critères qui ressemblent à ceux de la guerre froide entre " bon pro-ouest et barbares orientaux ". Mais elles posent toutes la question de l'expression de la volonté populaire, de la mobilisation des masses et de la résolution des contradictions autrement que par la guerre civile ou la dictature. Bref, de la démocratie, celle à laquelle aspirent les peuples. Pas celle que voulait exporter George W. Bush, du genre de ce que pratiquent les dictatures pro-occidentales de certains pays à travers le monde. De ce point de vue, l'issue de la crise dans un pays aussi important que l'Iran est essentielle. Il n'est pas correct de prétendre que ces manifestations menacent la sécurité du régime : tous les leaders de l'opposition font partie de ce régime, et ceux qui en sont dehors sont tellement faibles qu'ils ne menacent rien du tout. Tous les courants du régime iranien veulent doter l'Iran du pouvoir technologique nucléaire, tous savent que cette ambition se heurte au refus américain et occidental, mais Ahmadinejad, par ses mots et ses postures, a réussi à avoir l'air de celui qui y tient le plus. C'est-à-dire, c'est la seule personne qui menace réellement les intérêts occidentaux, notamment américains. Voilà donc ce qui pouce les USA à œuvrer pour le changement du régime iranien : Mettre au-devant un président pro-américain ou au moins plus modéré qu'Ahmadinejad. Les Américains visent principalement deux objectifs: Premièrement, l'Iran dispose de réserves pétrolières et gazières importantes, mais qui sont surtout destinées à la Chine et à la Russie. Détourner ces sources d'énergie serait un moyen redoutable d'affaiblir deux puissances mondiales concurrentes des Etats-Unis. Deuxièmement, un Iran qui exporterait son pétrole et son gaz en Occident ouvrirait l'opportunité aux pays d'Asie Centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan ...), jusqu'ici bloqués à l'intérieur du continent, d'avoir des débouchées autres que la Chine et la Russie. Pour y parvenir, après l'échec de " la révolution verte ", les Etats-Unis disposent de deux leviers : en jouant sur l'éventuel relâchement des sanctions économiques, et en laissant de fait l'Iran aboutir son programme nucléaire, ce qui consiste principalement à empêcher Israël d'intervenir militairement.


Pas de sanctions sans l'aval chinois


Faut-il rappeler que l'Iran est contraint de résister à un embargo économique qui perdure depuis plusieurs années. Toutes les activités commerciales, transactions financières et investissements avec l'Iran de la part d'entreprises américaines, mais aussi de la part d'entreprises possédant des succursales aux USA, sont restreintes depuis 1995. Ces sanctions ont ensuite été durcies en 96 avec "l'Iran Libya Sanction Act" (ILSA) qui prévoient que le président américain puisse condamner par simple décision à de lourdes amendes et/ou à l'exclusion des marchés publics américains toutes compagnies (donc non US comprises) qui investiraient plus de 20 millions de dollars dans le secteur de l'énergie iranien. Toute société pétrolière étrangère à l'Iran est ainsi exclue de fait du pays. Les résolutions de l'ONU qui se succèdent ensuite vont concerner de nombreux secteurs : embargo sur les armes, consignes auprès des institutions financières afin de limiter les crédits et investissements dans le pays et déplacement de personnalités parmi les Gardiens de la Révolution restreintes hors frontières. Le jeu des sanctions, même s'il est d'une remarquable inefficacité en termes de résultats politiques, pèse bien sûr lourdement sur la population iranienne, et non son élite. D'ailleurs, dans ce sillage, le bloc révolutionnaire latino-américain (Cuba, Bolivie, Équateur, Honduras, Nicaragua, Saint-Domingue, Venezuela) et le bloc révolutionnaire proche-oriental (Iran, Résistance libanaise, Résistance palestinienne, Syrie) se sont rapprochés à la fois pour contourner les restrictions qui leur sont imposées par les États-Unis et pour créer des institutions internationales alternatives à celles contrôlées par Washington. A noter, également, que le rôle chinois dans la question iranienne est des plus pesants. La Chine a appelé l'Iran, en mois de janvier dernier, à se joindre à un "consensus" autour de la proposition de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour résoudre la crise nucléaire. La Chine a estimé que la communauté internationale avait " encore de la marge pour les efforts diplomatiques " dans le dossier du nucléaire iranien, appelant à la reprise au plus tôt des négociations. Visant à amener l'Iran à renoncer à son programme nucléaire, d'autres sanctions peuvent être décrétées dès février 2010, mais tout dépend de la Chine, a estimé Vladimir Evseïev, expert de l'Iran à l'Institut russe de l'économie mondiale et des relations internationales. " Les sanctions peuvent être introduites dès le mois de février, parce que la présidence libyenne de l'ONU durera jusqu'au 1er février. Mais les sanctions ne sont possibles que si la Chine n'y oppose pas son veto. Tout dépend de la Chine ", a indiqué Evseïev à RIA Novosti. Il y a plusieurs moyens d'obliger Téhéran à faire des concessions - réduire les livraisons d'hydrocarbures vers l'Iran ou renoncer à l'assurance des frets en provenance et à destination de ce pays ce qui entraverait ses échanges commerciaux, selon l'expert. Mais ces mesures dépendent aussi de la Chine, ainsi que des milieux d'affaires de l'UE qui s'y opposent. A la fin du mois de janvier dernier, la Chambre des représentants du Congrès américain a adopté un projet de loi limitant les transactions économiques et commerciales avec l'Iran. Les Etats-Unis " oeuvrent depuis longtemps pour obtenir la réduction des livraisons d'hydrocarbures à Téhéran, ils ont notamment cessé de vendre de l'essence à deux sociétés - indienne et britannique - qui fournissaient de l'essence en Iran. Cela a réduit de 40% les exportations d'essence vers l'Iran, mais les sociétés chinoises ont complètement comblé ce déficit ", a rappelé le chercheur. Certains pays soutiennent l'idée d'interdire l'assurance des cargaisons, " c'est plus sérieux " comme mesure et cela portera un coup plus dur à l'Iran. " Mais cela dépend aussi de la Chine qui a récemment demandé de reporter les négociations à six. Pékin analyse la situation, il ne souhaite pas réduire sa présence sur le marché iranien et c'est une question tant politique qu'économique pour la Chine ", explique l'expert.

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La chronologie des évènements en Iran depuis l'avènement bde la République islamique

10 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Dossier

La chronologie des évènements en Iran depuis l'avènement bde la République islamique


Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 10/02/2010

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Novembre 1979: Prise d'otages à l'ambassade américaine jusqu'à janvier 1981.
1980: Début de la guerre avec l'Irak déclenchée par l'invasion des troupes irakiennes.
1981: Ali Khamenei est élu président de la République.
1988: Cessez-le-feu entre l'Irak et l'Iran. La guerre a fait un million de morts.
Juin 1989: Décès de l'Ayatollah Khomeiny. Ali Khamenei lui succède en tant que "Guide de la révolution".
Juillet 1989: Ali Akbar Hachemi Rafsandjani est élu président de la République.
Mai 1997: Le réformateur Mohammad Khatami est élu président de la République. Il sera réélu en 2001.
Février 2003: Raz-de-marée conservateurs à l'occasion des élections municipales. Mahmoud Ahmadinejad remporte la mairie de Téhéran lors d'un scrutin marqué par un taux d'abstention de plus de 85%.
Février et mai 2004: Victoire écrasante, lors des élections législatives, des conservateurs, qui obtiennent 195 sièges sur 290; le taux de participation est très faible: 50,6%.
Juin 2005: Election présidentielle; Mahmoud Ahmadinejad l'emporte sur l'ancien président, Hachemi Rafsandjani avec 61,7% des voix. Le taux de participation est de 59,7%.
Fin 2005: Le président Ahmadinejad multiplie les provocations à l'encontre d'Israël, qui doit être" rayé de la carte ", et émet des doutes sur la réalité du génocide.
Le 11 avril 2006: Le président Ahmadinejad annonce que "l'Iran a rejoint les pays nucléaires" avec l'enrichissement de l'uranium.
Le 24 mars 2007: Le Conseil de sécurité de l'ONU parvient à un accord qui alourdit les sanctions infligées à l'Iran dans sa précédente résolution.
Le 25 octobre 2007 : Les Etats-Unis adoptent de nouvelles sanctions contre l'Iran. Elles visent les Gardiens de la révolution, l'unité d'élite Al-Qods, et les trois principales banques du pays.
Le 03 décembre 2007 : Publication d'un rapport des seize agences de renseignement américaines, qui considère avec " un haut degré de confiance " que " l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003 ".
Le 19 juillet 2008 : Pour la première fois depuis 1979, un haut diplomate américain participe aux pourparlers menés par les Européens avec Téhéran sur le nucléaire.
Le 20 mars 2009: Barack Obama adresse un message au peuple iranien et à ses dirigeants dans lequel il propose de construire un "dialogue honnête".
12 juin 2009: Election présidentielle. Dès le lendemain, le ministère de l'Intérieur annonce la victoire de Mahmoud Ahmadinejad avec 63% des votes, contre 34% à Mir Hossein Moussavi. La participation a atteint 85%.
Entre le 12 et le 30 juin 2009: Dénonçant des fraudes, les partisans de Mir Hossein Moussavi descendent dans les rues de Téhéran le soir même et les jours suivants dans la plupart des grandes villes. Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, confirme la victoire d'Ahmadinejad et exige l'arrêt des manifestations. Moussavi demande un nouveau scrutin.
Le 1er juillet 2009: Arrestation d'une universitaire française, Clotilde Reiss, accusée d'espionnage.
Le 09 juillet 2009 : 3 000 personnes bravent l'interdiction de manifester, pour marquer l'anniversaire des émeutes estudiantines de 1999 et contester la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin.
Le 1er août 2009: Ouverture du procès d'une centaine d'opposants et manifestants, parmi lesquels d'importantes figures du courant réformiste.
Le 05 août 2009 : Investiture de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.
Le 21 décembre 2009 : Les funérailles de l'ayatollah Montazeri, ancien dauphin de l'imam Khomeiny devenu critique à l'égard du régime islamique, tournent à la manifestation antigouvernementale. Les jours suivants, des affrontements entre forces de sécurité et partisans de l'opposition éclatent à Ispahan et à Najafabad, dans le centre de l'Iran.
Le 27 décembre 2009: La répression de manifestations de l'opposition, à l'occasion de la célébration religieuse de l'Achoura, fait plusieurs morts.
Le 02 janvier 2010: L'Iran lance un ultimatum, d'un mois, aux pays occidentaux pour recevoir de l'uranium enrichi à 20%.
Le 13 janvier 2010: Assassinat du scientifique iranien, Massoud Ali Mohammadi, spécialiste dans la Physique nucléaire.
Le 09 février 2010: Suite à la non-réponse des occidentaux à la demande iranienne de recevoir un combustible nucléaire enrichi à 20%, l'Iran entame la production de cet uranium localement.

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Aleïda Guevara «Un peuple libre est un peuple éduqué»!

25 Novembre 2009 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Politique

Aleïda Guevara à Alger Sur les traces du Che

«Un peuple libre est un peuple éduqué»* 

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«On ne peut pas arrêter de résister lorsqu’on voit un enfant mourir quand il peut être soigné. On ne peut pas arrêter de résister avant que chaque homme, femme et enfant vivent en paix et dans la dignité… »

 

 

 

 

Par Samir Ghezlaoui

Dr Aleïda March Guevara, fille du célèbre symbole révolutionnaire argentin, Che Guevara, effectue depuis avant-hier une visite de courtoisie en Algérie. Dans ce cadre, elle s’est rendue, lundi matin, au siège de l’APC de la Casbah où elle a observé une minute de silence à la mémoire du grand «CHE» au boulevard Che Guevara. Ensuite, l’hôte de l’Algérie a été reçue au siège du Conseil de la nation. Dans l’après midi, la Guevara juniore participe à une conférence-débat au siège national du Front de Libération Nationale (FLN). Après la projection d’un film montrant les grands instants qui ont marqué la vie amoureuse et politique du révolutionnaire, qui était son père, la parole a été donnée à la conférencière de marque qui se lance en affirmant que «les idées et les convictions manquent à l’humanité depuis pratiquement la disparition d’Ernesto Che Guevara».

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La fille du «Comandante» a invoqué la pe nsée de s on père qui irrigue encore l’esprit de tous ceux qui combattent les injustices. Elle était là, si présente, à la tribune sous l’ombre de son cher papa. L’invitée d’honneur a commencé son intervention, «logiquement», par l’évocation de son rapport avec le «Padre (père)». «C’est très difficile de parler du Che. J’ai eu le privilège de vivre, mais très peu, avec mon père. Mais ma mère l’aimait passionnément et nous a appris à l’aimer, de sorte qu’il a été très présent dans nos vies. Très jeune, je me suis demandée pourquoi il fallait que j’aime mon père. L’amour n’est pas inné, et celui que l’on éprouve à l’égard de ses parents n’a rien d’évident. Alors, j’ai pensé qu’il fallait que j’apprenne à l’aimer par moi-même, et j’ai lu ses écrits, tous ses écrits. J’y ai découvert un homme d’une grande sensibilité humaine, capable de réagir à toutes les injustices», dit-elle. Ce père, cette figure du père, elle a été obligée de la partager avec le monde entier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours «dû partager son père avec les autres».  CHE-2.JPG

Avec une certitude qui lui colle au cœur et au corps affirme: «Quarante deux ans après, le Che est toujours vivant !». Pour elle, la révolution est toujours d’actualité. «On ne peut pas arrêter de résister lorsqu’on voit un enfant mourir quand il peut être soigné. On ne peut pas arrêter de résister avant que chaque homme, femme et enfant vivent en paix et dans la dignité», a estimé l’héritière du combat de Che Guevara. En répondant à l’une des questions, l’oratrice note le lien unissant les peuples révolutionnaires algérien et cubain sous le slogan des plus nobles: «La patrie ou la mort. Nous devons poursuivre le combat jusqu’à la victoire».  

Aleïda a soutenu, néanmoins, qu’«on ne veut plus de guerre à condition qu’on nous respecte en tant que peuples». Selon elle, «aujourd’hui, un peuple libre est un peuple éduqué. Ce dernier est le seul enseignant de l’homme», ce qui est loin d’être une simple approche philosophique mais une réalité concrète. La porteuse du flambeau révolutionnaire humanitaire a lancé un message pour les jeunes algériens, dont Che Guevara est l’une des idoles immortelles. «Mon père n’est pas un Saint, c’est juste un homme. Tout le monde peut faire ce qu’il a fait. Certes, c’est très difficile de laisser tomber la vie bourgeoise, mais il suffit de goûter à l’esprit et la responsabilité humanitaire pour le faire. Il faut que chacun pense à construire l’avenir avec conviction et certitude, car aujourd’hui c’est le bon moment», a-t-elle conclu.

*Ce texte a été publié, dans une autre version, in Tribune Des Lecteurs du 25/11/2009.


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N'na Aâldjia, mère de Matoub Lounès:«On attend toujours la date du procès»

7 Novembre 2009 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

 

N'na Aâldjia, mère de Matoub Lounès:

«On attend toujours la date  du procès»

 

Par Samir Ghezlaoui

In Tribune Des Lecteurs du 8/11/2009


 

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L'affaire de l'assassinat de Lounès Matoub, le célèbre chanteur kabyle tué le 25 juin 1998 dans des circonstances non encore élucidées, est en passe de connaître un énième rebondissement. Jusque là, rien n'est vraiment clair quantà la tenue ou non du procès des assassins présumés durant la prochaine session du tribunal criminel près la Cour de Tizi-Ouzou qui s'ouvrira le 25 octobre. Quoique des sources judiciaires affirment que le complément d'enquête qui était à l'origine du report du procès du 9 juillet 2008 soit terminé, la partie civile n'a pas reçu de convocation.

 

 

         "Tu porteras mon deuil une année au plus, et puis tu  m'oublieras", disait MatoubLounès dans l'une de ses chansons. Pourtant, sa mère N’na Aldjia est loin d'oublier son fils unique, 11 ans après sa disparition. Lors d'une visite qu'on a rendue, avant-hier, à la maison du Rebelle, sa chère maman était là, assise sur une chaise prés de la Mercedes criblée de balles. Elle pleurait encore et toujours son irrécupérable perte. Cela ne l'a pas empêché de répondre, gentiment, à nos quelques questions concernant les aboutissements de ladite affaire de justice. Aldjia Matoub, a estimé qu'"il n'y a rien de nouveau dans le dossier. Pour l'instant, on ne saitmême pas si le procès est programmé prochainement ou non. Je vous assure qu'on n'a pas reçu de convocations de la part du juge d'instruction ni du tribunal d'ailleurs". Triste certes, mais déterminée à poursuivre sa quête de vérité, la mère du défunt chantre, ajoute: "Je ne laisserai pas tomber et je ne renoncerai jamais à la piste conduisant vers la véritable enquête pour désigner les vrais coupables. Ils se trempent, les gens qui pensent que le temps peut m'empêcher d'attendre l'heure de la vérité".

 

         Toutefois, Le programme de l'institution judiciaire reste toujours ouvert. Cela dit, le procès en question pourrait être programmé à la dernière minute comme c'était le cas l'année dernière concernant le même dossier. Des rumeurs circulent comme quoi le président du tribunal criminel est en phase d'additionnement des accusés et les témoins dans le cadre de l'enquête complémentaire, la veuve Nadia et ses deux sœurs comprises. Faut-il préciser que le procès en question, porte sur le jugement de deux mis en cause, en détention provisoire: Malik Medjnoune, arrêté le 28 septembre 1999 et Abdelhakim Chenoui, un ancien islamiste armé qui s'était rendu aux autorités dans le cadre de la concorde civile en septembre 1999. Ils sont tous les deux poursuivis pour appartenance à un groupe armé et complicité de meurtre avec préméditation.

 

         Bizarrement, dans cette histoire juridique qui perdure depuis 10 ans, la partie civile et la défense sont ensemble, complètement solidaires. En effet, durant le procès de l'année passée, la famille Matoub doutait explicitement de la culpabilité des assassins présumés qu'on a présenté au jugement. Malika Matoub refusait de "cautionner une parodie judiciaire". Selon elle, l'investigation préliminaire n'a pas été effectuée. C'est pour ça qu'elle avait estimé qu'il n'y a pas eu d'enquête qui a déterminé que Medjnoune et Chenoui sont les auteurs ou les commanditaires de l'assassinat de son frère. Dès l'ouverture de l'audience, la sœur du défunt avait remis au tribunal une liste de 50 témoins que la justice devait auditionner. Dans cette liste figuraient des personnalités politiques, plusieurs journalistes et l'ancien émir national du GSPC, Hassan Hattab.

 

La chronologie des événements…

 

         Toute l'histoire de l'affaire aussitôt baptisée "L'affaire Matoub Lounès" a commencé un certain jour d'été. Le 25 juin 1998, ce jour maudit, noir et taché de sang, restera marqué dans les annales de la terreur. Ce jour-là, à Tala Bounane, un virage périlleux sur le CW Béni-Douala/Tizi-Ouzou, la mort embusquée attendait avec détermination sa victime. Matoub, le Rebelle, la voix du peuple qui se bat pour la démocratie, les droits de l'homme et la justice sociale, sera tué pas loin de son village natal Taourirth Moussa. La voiture du chanteur avait été tamisée par balles. Soixante-dix-huit impacts ont été relevés sur la puissante Mercedes de l'artiste conservée précieusement dans son garage, en pièce de conviction, à nos jours. Après une reconstitution des faits sur la scène du crime, "très contestée" par la famille Matoub, en juin 2000, un premier procès a été tenu le 20 décembre de la même année dont tout le monde pensait que son verdict mettra fin aux spéculations politiciennes.

 

         Malgré que Hassan Hattab a revendiqué l'acte criminel dès le 1er juillet 1998 par communiqué parvenu à l'AFP: "Un groupe (armé) s'est attaqué à un ennemi de Dieu, l'apostat dénommé Matoub Lounès. La deuxième zone (que dirigeait Hattab, c'est-à-dire la Kabylie) est responsable de l'attentat". Plusieurs spéculations, rumeurs et un grand tapage alimentés par des parties antagonistes circulaient à propos de la mort de Matoub. Encore que, ledit procès soit reporté sine-die à l'issue d'une brève audience par la Cour de Tizi-Ouzou. En présence de deux assassins présumés, sur les dix inculpés, la cour a accédé aux vœux de la partie civile, représentée par la mère et la sœur du chanteur, ainsi qu'à ceux de la défense. Les deux inculpés présents, Abdelhakim Chenoui et Malik Medjnoune, ont crié à haute voix, depuis le box des accusés, leur innocence. Les deux accusés d'être les principaux acteurs de cet assassinat, ont catégoriquement refusé cette étiquette en niant les faits et signifiant qu'ils "n'ont rien à voir ni de près, ni de loin dans cette affaire". La défense qui avait introduit un pourvoi en cassation contre l'arrêt de renvoi de la cour, a estimé, dès lors, que la procédure devrait aller jusqu'à la Cour suprême.

 

         Le deuxième procès, initialement prévu le 05 Mai 2001, a été reporté une autre fois. Cette fois-ci, d'après les autorités judiciaires algériennes, la cause était les événements du printemps noir de Kabylie survenus la même année. Cependant, la goutte qui a fait couler le vase était les déclarations de la veuve du défunt en août 2001. En fait, Nadia Matoub est revenue sur son témoignage qui attribuait dans un premier temps l'attentat au GIA. Les rétractations de madame Matoub font l'effet d'une bombe. Elles mettent en relief les faiblesses d'une instruction truffée de zones d'ombre. La veuve du chanteur avait, à l'époque des faits, soutenu avoir entendu les membres du commando proférer distinctement et à plusieurs reprises: "Allah Akbar!" (Dieu est grand) en s'éloignant de la voiture où gisait le corps de son époux transpercé de sept balles de 9 mm, au côté duquel elle se trouvait.

 

         Cette conversion des faits a contribué à la confusion juridico-politique que constitue toujours ce pénible dossier pour les autorités judiciaires algériennes, alors même que l'instruction est censée être close depuis longtemps. Ceci a attiré l'attention des avocats des parties civiles, Malika et Aldjia Matoub qui voyaient dans ces propos "des éléments nouveaux". Une démarche sur laquelle les conseillers des parties civiles fondent leur espoir pour tenter de faire la lumière sur l'identité réelle des auteurs et des commanditaires de la mort de l'artiste. "La Fondation Matoub Lounès, réitère son exigence pour la tenue d'un véritable procès, mais met en garde toute volonté de lui substituer une "mascarade". Ainsi nous resterons attachée à la revendication de justice, la vraie, pour la manifestation de la vérité", s'enthousiasme une jeune représentante de la Fondation Matoub Lounès. En attendant, les dernières nouvelles qui sortent d'une source judiciaire font état du transfert du dossier de cette affaire vers la Cour d'Alger…wait and see!

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Boudjima: la commune oubliée

20 Octobre 2009 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Reportages

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Boudjima (Tizi Ouzou) : La commune oubliée

 

Reportage réalisé par Samir Ghezlaoui

In El Watan du 20/10/2009

 

 

En été comme en hiver, les citoyens de Boudjima ont développé une patience très particulière, celle de vivre sans eau !? Malgré que cette municipalité se trouve à 30 km, seulement, du fameux barrage de Taksebt, l’alimentation en eau potable reste son problème fondamental. Tenez-vous bien, la population n’est desservie, généralement, qu’une fois par semaine.


Or, les gens ont payé les compteurs, contre près de 3000 DA et reçoivent les factures régulièrement de l’ADE. Ainsi l’Algérienne des eaux réclame à ses abonnés « d’office », 300 DA d’abonnement chaque mois pour une eau qu’il n’auront pas eu. Toutefois, l’eau se fait vraiment précieuse. Les robinets sont oxydés à force de l’absence de ce liquide inestimable. En outre, la plupart des conduites sont anciennes et les fuites surviennent d’une manière régulière. En attendant de résoudre l’embarras de l’eau définitivement, les citoyens refusent de payer leurs factures. « Tant que je n’aurai pas de l’eau quotidiennement à domicile, je ne payerai pas un sou », déclare un habitant, en colère. Outre la défaillance dans la dotation de l’eau, ladite commune se débat dans des problèmes qu’on n’arrive guère à dénouer. Juste après ce problème majeur, les campagnards se plaignent des coupures d’électricité et des chutes de tension répétées. D’ailleurs, ils accusent la Sonelgaz de délestage durant la saison de la grande chaleur. Un quinquagénaire souligne : « Ils font exprès de nous couper l’électricité pour permettre aux grandes villes de l’avoir, c’est toujours nous, les montagnards, qui payons la mal-gérance dans ce pays. » Pour régler ce problème, les autorités locales ont alerté la Sonelgaz.

 

Depuis, la situation s’est améliorée. Néanmoins on signale souvent des coupures de courant de courte durée et des chutes de tension. Les clients de cette société nationale la mettent en garde contre une situation semblable durant l’hiver prochain. Dans le même sillage, la localité de Boudjima est privée de l’une des commodités les plus élémentaires, à savoir l’alimentation en gaz de ville. Pour cela, les foyers utilisent le gaz butane. La bouteille est cédée contre 220 DA par les dépôts et les stations Naftal existants dans la commune. Ce qui fait un fardeau de plus sur les bourses moyennes et modestes, très nombreuses, dans cette contrée. En plus, la bouteille du butane fait l’objet de spéculations à chaque saison hivernale. Le raccordement au réseau de gaz de ville reste le rêve. Aucune personne dans cette circonscription ne songe à voir un tel projet se réaliser dans les quelques années à venir. « Du gaz de ville à Boudjima ? Même pas dans les rêves ! », s’exclame un jeune étudiant. Paradoxalement, la canalisation, conçue pour alimenter la commune limitrophe de Ouaguenoun, est fin prête.

 

Chômage galopant

 

Le réseau routier est également dans un mauvais état. Les routes dépourvues de fossés et de caniveaux deviennent impraticables durant certaines périodes de l’année. De plus, on note l’inexistence complète des trottoirs dans toutes les routes, même au chef-lieu de cette localité. Quoique plusieurs pistes aient bénéficié des projets communaux de revêtement, plusieurs quartiers s’indignent de la façon dont la mairie a désigné les priorités des pistes à bitumer. « C’est irresponsable de la part de l’APC de ne pas permettre le bitumage du chemin reliant notre quartier à Ldjamaâ Oumzug et Tighiltarkisth. Pourtant, ce projet une fois réalisé, permettra de désenclaver tout un village, sinistré a chaque fois que quelques gouttes tombent du ciel. Il permettra aussi, à certains propriétaires de garages de les transformer en locaux commerciaux fleurissants, une activité presque absente dans le village. Des fonctionnaires de l’urbanisme sont venus plusieurs fois pour prendre les mesures mais sans donner une suite jusqu’à maintenant », s’agace un habitant du quartier Thissiraydou.

 

Sur un autre volet, des grands villages tels qu’Assekren, Afir et Tarihant réclament l’achèvement de la ligne téléphonique limitée, depuis des années, au chef-lieu de la commune et ses environs. Malgré la couverture excellente des réseaux de la téléphonie mobile, les jeunes de ces villages veulent bénéficier des services qu’offre la téléphonie fixe dans notre pays. Particulièrement, ils désirent s’abonner à Internet, l’ADSL de préférence. « Étant accro à l’Internet, je suis obligé de me déplacer chaque jour au chef-lieu de la commune pour me connecter dans un cybercafé. Sans oublier que ceci me coûte, aussi, une petite fortune », explique Madjid, un jeune passionné de la toile virtuelle. Ce service des télécommunications est devenu le seul refuge pour les jeunes et les chômeurs, en l’absence d’infrastructures culturelles et sportives et la persistance du chômage.

 

Ce fléau généré par une exclusion sociale pousse de plus en plus les jeunes, vers les zones urbaines (Tigzirt, Tizi Ouzou et Alger). Ils cherchent d’autres alternatives, quasi inexistantes dans leur localité, pour un cadre de vie meilleur. Un retraité de la fonction publique rétorque : « Tout le monde veut quitter cette misère. Les étudiants n’attendent que leurs diplômes pour partir ailleurs, très loin d’ici. Les autres se débrouillent n’importe comment pour avoir un visa qui leur permettra de rallier l’occident. Si ça continue comme ça, il ne restera que les vieux et les enfants dans notre commune. » Quelques jeunes artisans et commerçants dénoncent, également, le laxisme et le laisser-aller des responsables concernant le projet des « locaux du président ». Ils n’ont eu aucune trace de ladite formule depuis que le président de la République l’a annoncée. On note aussi que les bénéficiaires des logements ruraux qualifient d’« une lenteur exagérée » les procédures pour l’octroi de l’aide à l’auto-construction. En matière d’éducation, les citoyens réclament le transport scolaire pour leurs enfants et le chauffage dans les salles de classes. Les parents espèrent aussi, dans le moyen terme, avoir un nouveau lycée. Le lycée de Boudjima est, en fait, un ensemble de chalets préfabriqués dépassés par le temps. La moindre petite neige ou goutte d’eau renvoit les lycéens chez eux. Le secteur de la santé, quant à lui, est en état de latence. Bien qu’il y ait un dispensaire, les malades souffrent le martyre. Pour une simple urgence, une radiographie médicale, une prise sanguine ou simplement pour avoir une carte de groupage, il faut se déplacer vers Tikoubaïne, le secteur sanitaire le plus proche.


Un minimum de commodités?

 

Concernant le domaine du siècle, l’environnement, les habitants des frontières forestières de Sahel crient : « Halte au génocide contre la nature verte et pure de Yaffadjen ». Cette petite mechta, « la porte des oliviers », est réduite à une simple décharge publique. Jour après jour, les images de cette belle nature vont disparaître et la chance de boire de l’eau pure dans un petit lac, de la forêt de Sahel, se volatilisera dans l’air, tout pourri, tout pollué. Plus grave encore, on a pensé même à l’élargir pour qu’elle puisse recevoir les ordures de toute la région !? Pourtant Sahel comme Cheriâa au nord peuvent devenir un grand pôle du développement rural générateur de plusieurs postes de travail. Les responsables ont négligé leurs capacités touristiques ; les magnifiques scènes de Cheriâa et les sites paradisiaques de Sahel. En exploitant correctement toutes leurs richesses, Sahel et Cheriâa ont les moyens de se transformer en joyaux touristiques et agricoles qui pourraient, à eux seuls, éradiquer le chômage et tout ce qui s’en suit. Dans ce sens, l’APC a initié une vaine campagne de mise en valeur, gratuite, des terres agricoles de la région.

 

Néanmoins, c’est une bonne voie pour tenter de réanimer l’agriculture locale qui était très forte avec ses terres fertiles et son oliveraie. En attendant que la politique du bricolage s’arrête et qu’on se mette au travail sérieux, les citoyens de Boudjima exigent des autorités locales plus d’attention pour leurs carences. « Nous ne demandons pas un miracle, juste le minimum de commodités pour un cadre de vie décent et faire revivre, dans nos cœurs, l’esprit de la citoyenneté et la fierté de l’appartenance à un pays libre et si riche », soutient un moudjahid de la région. De la sorte, Les gens retrouveront, peut-être, le sourire perdu, il y a longtemps. Ils étaient jusque-là inquiets par le règne de l’insécurité. Plusieurs quartiers sont devenus le fief des agressions, la consommation de la drogue et la vente illicite des boissons alcoolisées. Certes, cette situation s’est compliquée davantage depuis les événements de Kabylie de 2001. Toutefois, elle est le résultat logique de l’état d’une population désespérée et agacée par la dégradation incessante du cadre de vie sociale. Mais elle est, surtout, l’œuvre d’une jeunesse effrayée par un avenir sombre.

 

Connaissez-vous Boudjima ? (Publié en tant qu’encadrés in El Watan)

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"Bujimaâ"
 

 Située à 25 km du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou et à 10 km à vol d’oiseau de la ville côtière de Tigzirt, Boudjima est l’une des deux communes de la daïra de Makouda. Cette petite localité, dominée par les caractères humains et naturels de la grande Kabylie, s’étend sur une superficie de 34,9 km2. Née du dernier découpage administratif de 1984, « Bujimaâ » est un conglomérat de tribus d’origine du grand âarch d’Ath Ouaguenoun. Ce coin enclavé de la Kabylie semble être, pratiquement, oublié par les pouvoirs publics. Ses citoyens dénoncent l’absence totale des autorités. Ils sont livrés à eux-mêmes dans la conquête de chercher et d’améliorer leurs conditions pour une vie décente. Cette commune forte de près de 17 824 habitants vit le malheur de l’absence, presque parfaite, des indices du développement local. Même la vocation agricole est perdue au fil des années. Les champs de blés et les espaces de pâturage ont disparu au fur et à mesure. Tout ce qui reste, c’est ces quelques foyers d’élevage de bovins et de volailles. Les terres, si fertiles, sont désertées par leurs propriétaires. Ce qui fait que la seule activité économique, présente encore à Boudjima, est l’extension des petits commerces à travers tous ses villages.

 

Le Rocher des sages

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L’histoire de Boudjima est très ancienne, elle va jusqu’à l’antiquité. L’homme préhistorique de la région fut un artiste.La preuve, c’est l’existence depuis la nuit des temps d’Azru Imedyazen. Ce dernier est un énorme rocher, situé au sud du village de Tarihant. Découvert en juin 1965, ce site se divise en deux abris. Le premier mesure 13 m de long, 3 m de haut et 2,5 m de profondeur. Le second de forme ovale mesure quant à lui 8 m de long sur 5 m de hauteur et 1 m de profondeur. Les autochtones avaient traduit dans ces abris, à l’aide des oeuvres peintes, leurs préoccupations quotidiennes et le génie de leur langue : Le libyque. Ce site a été, un lieu de rencontre des sages d’une partie des villages des Ath Ouaguenoun afin de régler leurs différends d’où son nom « Azru Imeyazen » (Le rocher des sages). Cependant des contes, voire des mythes locaux, parlent d’ « un refuge des artistes et des poètes » de la région. Ils venaient dans cet abri pour s’exprimer en paix. Des fois, Ils notaient leurs œuvres artistiques sur les murs. C’est pour cela qu’on dit souvent, par confusion, « Azru Imedyazen » (Le rocher des poètes) au lieu d’« Azru Imeyazen ».

 

 

 

 

 

 

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