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Blog de Samir Ghezlaoui

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La science contre la guerre

23 Décembre 2013 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

La science contre la guerre

Par Samir Ghezlaoui

L’ingénieur russe Mikhaïl Kalachnikov est mort le 23 décembre 2013, à l’âge de 94 ans. L’inventeur, en 1947, du fusil d’assaut qui porte son nom est mort, modeste, presque pauvre, en tout cas sûrement beaucoup moins riche que les vendeurs d’armes, étatiques ou privés, qui ont exploité sauvagement son invention. Et pour cause, selon Le Monde, il «n’a jamais touché un centime, sur la vente des millions de fusils à son nom».

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Cette information conforte, au fond de l’esprit, que le génie scientifique humain est, sauvagement et pragmatiquement, exploité par un génie, certes aussi humain, mais maléfique. Et suscite, en même temps une petite réflexion. Les sains pouvoirs de la SCIENCE -dans ses deux pôles: sciences philosophiques et sciences d’artefacts- sont, en effet, détournés par le Politique et le Capital, pour satisfaire des fins très étroites. Aujourd'hui, devant cette situation alarmante, on constate que les scientifiques, porteurs du développement et de la civilisation humaine, sont complètement hors du jeu décisionnel des grandes puissances mondiales et, surtout, de leurs homologues du tiers monde. A tort. Quoiqu'on ait tendance à nier radicalement le rôle de la science dans la régulation de la vie humaine, il n'y a que les chercheurs et les hommes des sciences, humaines, sociales et techniques, qui peuvent proposer des solutions concrètes pour instaurer la paix, au sens très large, dans le monde.

Cela passe notamment par les trouvailles d’alternatives pour les énergies contestées comme le pétrole et le nucléaire. L’avis prochain peut paraître si naïf, et si idéaliste ; mais tant pis. Ces énergies sont une raison et une fin-en-soi de toutes les guerres contemporaines entre humains, les uns contre les autres, mais aussi de l’humain contre son environnement. Dans les deux cas, il y a toujours les mêmes gagnants: les multinationales de l’énergie et des armements ; et les gouvernements complices. Il y a aussi, malheureusement, des victimes collatérales, beaucoup de victimes: les races terriennes, humaine, animale et végétale. Tout en y rendant les riches, encore plus riches, et les forts, encore plus forts, la guerre ne peut qu’aggraver davantage, la misère, la déshéritée et la désunion des peuples, qui eux n’y ont rien à gagner.

Retrouvons ici le monsieur Kalachnikov, dont le nom est souvent féminisé pour nommer l’arme qu’il a inventée. Il y a quelques années, cet ingénieur russe, aurait déclaré aux médias qu'«il aurait aimé être l'inventeur d'un balai !?». Oui un balai pour aider l'homme à nettoyer son environnement. Au lieu de cela, il a crée un balai automatique qui nettoie l'homme de son environnement.

On retrouve, d’ailleurs, le même regret chez Alfred Nobel, qui a mis sa fortune à la disposition de la science, dans le but de se racheter auprès de l'humanité pour la peine qu'il lui a causée avec sa dynamite, bien que ses intentions étaient d'améliorer la vie humaine et non de la détruire. Ses efforts sont plutôt vains. Puisque, après sa mort, le prix qui porte son nom, particulièrement celui consacré à la paix, est volontairement politisé et orienté selon les agendas et les priorités des oligarchies économico-politiques qui gouvernent notre cher monde, fort heureusement mortel. 

Un troisième exemple, différent des deux premiers, mais qui partageait avec eux la même prétention, celui d'Albert Einstein. Ce génie du 20e siècle a vu la récolte fructueuse de toute une vie pleine de sacrifices, en l'occurrence sa fameuse équation E=MC2 se transformer en une bombe, qui peut faucher des milliers de vies en une fraction de secondes.

Et voilà ce qui nous ramène à donner l’exemple des plus funestes armes : la bombe nucléaire. Autour de l’énergie nucléaire, la diplomatie mondiale souvent se déconcerte. Le nucléaire devait, pourtant, être un présent divin pour l'humanité, avec une exploitation civile rationnelle et modérée. Cependant, les intérêts économiques et les enjeux politiques l'ont transformée en une menace contre l'existence-même de l'homme, avec une utilisation militaire irresponsable et civile immodérée.

La solution, donc, n'est sûrement pas la limitation de la possession de l'arme atomique, à quelques pays. Un missile nucléaire à Washington n'a rien de plus rassurant pour nous qu'un autre missile de la même nature à New Delhi. L'histoire n'oubliera jamais que les Etats-Unis d'Amérique ont été le seul pays à avoir utilisé l'arme atomique contre des centaines de milliers d'innocents civiles à Hiroshima et Nagasaki. Le dictat de l’arme nucléaire n’est plus acceptable, surtout qu'il suffit d'un coup de téléphone, de la part d'une personne assise sur un fauteuil en cuir -et qui, peut-être, ne connaît rien en chimie et en physique non plus, ou pire, parfois carrément débile- pour mettre la vie humaine en péril et menacer le système solaire tout entier, de lui ravir la plus belle et la plus vivante de ses planètes. La solution efficace, mais surtout rassurante pour l'humanité, ne peut être donc que d'avoir le courage de discuter au sein même des Nations-Unies, de la question de la destruction de toutes les têtes nucléaires sans exception, du Far West jusqu'au désert de Sibérie, en passant par le bassin méditerranéen et la Terre-Sainte. Tout l’argent fou, destiné à fabriquer cette arme infernale et tant d’autres, vaudrait mieux le renverser pour encourager toutes les recherches et les travaux scientifiques, qui vont dans le sens de l'utilisation pacifique et civile de l'énergie nucléaire ; et plus important encore, développer d'autres énergies renouvelables, plus sûr, comme l'énergie solaire.

En fait, toute l'histoire, c’est celle du combat éternel du bien contre le mal, pourvu que le premier l’emporte, comme dans les histoires, à fins heureuses, de nos grand'mères. Dans la vie, il y a deux pôles; un pôle positif et un pôle négatif et la science a, malheureusement, sa place dans les deux pôles. Le premier pôle est nommé Le Mal. Celui-ci est un cercle vicieux infernal, composé de plusieurs étapes: l'histoire commence quand une bande de fonctionnaires, de mauvaise foi, réussissent un bon coup de détournement de l'argent public. Avec cet argent, ils ouvrent une usine d'armements en recrutant les meilleurs ingénieurs, convaincus qu'ils rendent un service pour leur patrie. La phase marketing de leur projet, pour assurer un grand chiffre d'affaires est très simple; armer le maximum de milices autour des gisements gaziers, des puits de pétrole ou de mines d'or et d’uranium, un peut partout dans le monde. Ce n'est pas vraiment important pour eux si les éléments armés sont des jeunes ou des vieux, des enfants ou des femmes. L'essentiel c'est que chacun d'entre eux puisse porter une arme, qu'il soit même un bébé, on s’en fout. Pour développer leurs activités, les ex-mafieux, atteignant leur mutation ultra-capitalise, investissent, contre leur nature, dans des domaines qui sont censés épauler l'homme dans sa vie quotidienne, et lui assurer une vie digne et plus moderne. Si l'ambition de l'un des patrons atteint un degré pathologique, il tentera le gros lot: s'accaparer la technologie nucléaire, celle de la bombe H. La fin du film qui tourne en boucle: des tonnes de déchets toxiques, des quantités invraisemblables de gaz à effets de serre, réchauffement climatique accéléré, une couche d'ozone de plus en plus affaiblie et des milliers d’écosystèmes volent en éclats et des milliers, voire des millions, de vies humaines essoufflées et gâchées .

Le deuxième pôle s'appelle Le Bien; c'est un système horizontal où tout le monde a les mêmes valeurs humaines et peut contribuer à sa manière, depuis la place qu'il occupe dans la vie, dans l'élaboration d'un but unique, idéal; celui de la protection de l'homme et de son environnement. Les scientifiques, qui activent dans cet axe, essayent de contrer leur «camarades» du premier camp. Ils se concentrent sur les projets du développement des énergies renouvelables et toutes sortes d'inventions pacifiques et écologiques. Aujourd'hui l'effort d'un scientifique, de bonne foi, doit se focaliser sur l'augmentation de l'espérance de vie de la planète Terre et de toutes les espèces qui l'occupent. Tous les gouvernements des pays, rassemblés sous le toit des Nations-Unies et autres, doivent encourager les sciences dans leurs volets pacifiques par rapport à l'homme et sa nature. Ils doivent utiliser la force de la loi et de la réglementation, pour arrêter et punir les assassins-pollueurs. Beaucoup de projets scientifiques, à travers le monde, peuvent faire l'affaire. On doit seulement déployer les moyens financiers et humains, pour les promouvoir.

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Peine de mort dites-vous ?!

18 Mars 2013 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

Peine de mort dites-vous ?!

Par Samir Ghezlaoui

Je m’indigne. Dans l’Algérie de 2013, on veut remettre en route la peine de mort. C’est plus qu’insensé à plusieurs égards, parfois même ridicule selon les arguments de certains. Certes les derniers crimes atroces, commis contre des enfants innocents, suscitent la colère de tous mais de là à rouvrir le débat sur l’application de la peine de mort contre les infanticides est totalement régressiste. Les adeptes du Kassas ou le «dent pour dent», fidèles à leurs positions moyenâgeuses sur plusieurs sujets de société, ne ratent aucune occasion pour remettre en cause les avancées du Droit Humain que leur esprit malade n’arrive pas encore à assimiler.

Chacun a le droit inconditionnel à la vie, même les plus salauds des criminels. La vie est un droit des plus fondamentaux, aucune force physique ou morale ne pourrait avoir raison de l’ôter. Rendons à César ce qui est à César et laissons à Dieu ce qui est à Dieu. Sur terre, la seule justice qui doit primer est celle du droit positif. Les droits naturel et divin n’ont plus de place à notre époque.  Raison de plus, l’histoire humaine nous a appris que la peine de mort a commis beaucoup d’injustices irréversibles. Or, la justice est humaine. Et qui dit humain, dit vulnérabilité à l’erreur et à la faute. C’est largement suffisant pour ne pas hésiter à laisser une marge de manœuvre aux justiciers de nos temps. Il faut leur donner la possibilité de se rattraper et pouvoir rétablir une injustice, même rarement voire jamais mais en sachant que la possibilité existait. Dans les quelques pays où elle est encore appliquée, la peine de mort ne fait que condamner beaucoup d’innocents et au mieux offrir la paix éternelle aux coupables.

La peine la plus juste, la plus lourde et la plus efficace reste la maximale appliquée de nos jours, c'est-à-dire la prison à vie. Se priver de la liberté pour l’éternité -avec les remords qui grignotent chaque jours un peu plus, dans l’esprit, l’âme et le corps- est le châtiment le plus mérité pour les assassins d’enfants et les assassins tout court. Dans mon enfance, chez moi en Kabylie, on nous disait que les malhonnêtes et les criminels payeront leurs méfaits et leur dû à la société dans la vie avant la mort. Ils souffriront doublement et désireront désespérément la mort qui leur fait signe quotidiennement sans les prendre. Ils vont finir par mourir d’envie de mort. Après tout il n y a qu’une seule mort. Alors gardons ces assassins d’enfants dans nos geôles et ne réduisons pas leur peine en leur offrant la paix de l’au-delà. Laissons les pourrir entre quatre murs pour le restant de leur vie minable car les parents des victimes, eux aussi, porteront le fardeau de la perte de leur chair pour le restant de leur vie, gâchée par des minables.

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La guerre au Mali n’est pas algérienne !

19 Janvier 2013 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

La guerre au Mali n’est pas algérienne !

Par Samir Ghezlaoui

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Le gouvernement algérien a cédé, ce qu’il n’a pas fait depuis 1962, au nom de son «amitié» avec l’actuel gouvernement français, en acceptant l’ouverture de son espace aérien au survole d’avions militaires autres que ceux de l’ANP. Pire encore, se sont des avions français, déclarant la guerre à un pays voisin. Ceci a déclenché la colère de la majorité du peuple algérien, jaloux de sa souveraineté nationale, et qui pense surtout que la guerre au Mali n’est pas la notre.

Malgré ça, on se disait qu’ouvrir l’espace aérien pourrait être notre contribution à l’arrêt de la poussée des terroristes islamistes au Front du Mali. Jusqu’au-là, la position de l’Algérie est considérée comme étant la moins pire au niveau de l’opinion publique locale et «très respectable» au niveau de l’opinion publique internationale, ah pardon française.

Réclamant plus de l’Algérie, les chargés de mission de Belmoukhtar, vrai PDG pour une vraie-fausse multinationale terroriste, veulent impliquer davantage le plus grand pays africain dans le conflit au Mali et l’internationalisant, au moment au l’Union européenne elle-même refuse de venir en aide logistique et militaire à l’armée française.

Tout était prêt au préalable, des «armes modernes», des explosifs et une ligne directe des djihadistes avec les médias de la propagande terroriste comme Al-Jazzera et une agence de presse mauritanienne. Malheureusement, beaucoup de journalistes algériens sont tombés dans ce piège et mordu à l’hameçon, en alimentant la surenchère médiatique et propageant la propagande terroriste. Les médias étrangers ont suivi ce nuage de mélange fougueux entre informations et intox. Et pour que la boucle soit bouclée, les capitales occidentales s’en mêlent, au nom de la protection de leurs ressortissants pris en otages.

A ce stade, les terroristes ont presque atteint leurs objectifs: éviter un assaut de l’armée algérienne, faire durer le plus temps possible la prise d’otages et enfin inviter les pays occidentaux à s’ingérer dans les affaires internes de l’Algérie et envoyer leurs forces spéciales sur le sol algérien. Le but était donc de forcer la main à l’Algérie et l’obliger à accepter des forces militaires étrangères à l’intérieure de ses frontières, chose que refuse Alger depuis plusieurs années. La preuve de cette volonté ? Plusieurs otages libérés affirment que le groupe terroriste visait uniquement le personnel étranger du site gazier.

Après le premier assaut de l’ANP, dont les responsables sont loin d’être dupes et ont fait savoir aux terroristes que ça ne va pas se passer comme ils le souhaitaient, les fous intégristes passent au deuxième plan: focaliser leur effort sur les USA et demandant la négociation directe avec Washington. Parallèlement à ça, les boucliers médiatiques occidentaux sont levés contre l’Algérie et l’intervention de l’ANP à In Aminas. On ne parle plus de l’intervention française au Mali qui tourne au fiasco, pour l’instant. On insiste sur le fait que le bilan de l’intervention contre les ravisseurs dans la base de vie soit catastrophique, en prenant le seul critère ; les otages occidentaux. Or, près de 600 otages algériens ont été libérés avec une centaine d’étrangers. 

Pour toutes ses raisons, quelque soit l’issue finale de cette prise d’otage, l’Algérie doit radicaliser, encore plus, sa position souverainiste. Ceci passera forcément par plusieurs points: renforcer la sécurité des sites gaziers et pétroliers au sud du pays, renforcer la fermeture des frontières (sud, sud-est et sud-ouest) et ne les ouvrir que temporairement et périodiquement (notamment pour des raisons humanitaires), et surtout arrêter la moindre collaboration avec l’armée française, en fermant l’espace aérien algérien et l’interdiction du survole des avions français qui bombardent le nord du Mali. L’Algérie est un pays souverain et indépendant, notre gouvernement doit, au moins sur ce point, se soumettre à la volonté populaire surtout que la prise d’otage en cours confirme que notre pays n’a rien à gagner et tout à perdre en se retrouvant, de son gré ou de son malgré, impliqué dans une guerre qui n’est pas la notre. S.G.

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LA GUERRE EN MOI

5 Janvier 2012 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

Par Samir Ghezlaoui


         Comme s’il n y a pas assez de guerres dans ce foutu monde, une guerre secrète ravage un environnement, d’habitude pacifique, depuis un bon moment déjà. A l’origine, de mêmes convictions politico-économiques, de la même couleur, de la même religion et même de la même ethnie, les deux parties antagonistes vivaient en paix et en harmonie avec leur entourage. Ce n’est pas non plus, ni le pétrole, ni le gaz qui pouvaient être la cause de ce conflit. Ces deux devises diaboliques n’ont, heureusement, aucune valeur dans mon monde intérieur. Les désormais ennemis jurés, en l’occurrence le cœur et la raison n’arrêtent pas de s’affronter sauvagement, loin des yeux du monde extérieur. Choisissant de faire de leur désaccord une affaire interne, ils ont décidé de n’accepter aucune médiation. Après de lourdes et épineuses négociations, la raison a arraché une seule concession au cœur qui a accepté de céder les affaires étrangères. Première mesure, prise dès lors, par la raison et de redorer la page noire de tristesse par des semblants rayonnements et éclatements de rire. Pour l’instant ça marche, sans non difficulté. Par contre l’avenir est sombre. Et pourtant, cette guerre, comme la majorité des guerres, était évitable.

         Cœur et raison regrettent ce qu’ils vivent actuellement. Ils n’imaginaient pas qu’un jour, ils arriveraient à ce point de non retour. Ce qui les sépare aujourd’hui est censé renforcer leur alliance. Toute l’histoire a commencé un certain printemps, il y a de cela quatre ans. En voyage à l’étranger, la raison et le cœur reçoivent un bouquet de fleurs saisonnières splendides. Séduit et tout de suite tomber sous le charme d’une rose qui n’a pas cessé de changer de couleurs, le cœur  prend la première décision de sa vie sans avoir l’aval de l’instance parlementaire qu’était la raison. Le cœur décide, en effet, de ne plus, ni voir, ni entendre parler d’une rose autre que la sienne. Il l’a choisi comme un parfum, tellement bon et changeant quotidiennement, pour accompagner sa vie d’engagement et de militantisme. Avec elle, jour après jour, la vie est de plus en plus belle: l’assurance en soi a achevé ce qui restait du doute, le bonheur a dégagé les boules d’angoisse et du stress et l’ennui s’est éloigné à l’infini.  

         Fermant l’œil et faisant confiance à l’instinct clairvoyant de son complice, la raison finit par accepter ce nouvel arôme au sein de l’exécutif, malgré une légère opposition au départ. Hélas, cette fois-ci le cœur déçoit. Au bout de quelques mois, la raison fait un constat alarmant: le cœur n’est plus le même. Il néglige ses devoirs car, tout simplement, il est tout le temps occupé par sa rose. Il s’amuse à la sniffer, jour et nuit. C’était là, la genèse de tous les problèmes. La raison commande alors une enquête sur ce qui se passe. Le pire est confirmé ; la rose est devenue une drogue dure pour le cœur. Il ne peut plus s’en passer. Cette beauté de drogue le ronge à petit feu. Par compassion et respect de la valeur sûre du cœur, la raison tente de le raisonner. Au lieu de le dénoncer, elle fait de son mieux pour l’aider à décrocher. Malheureusement, aucune méthode de désintoxication qui existe n’a pu battre la dépendance du cœur à sa savoureuse drogue. Le cœur, voulant faire plaisir à la raison, promet à chaque fois de fournir un effort. Tous les efforts sont voués, l’un après l’autre, à l’échec. Il ne peut et maîtrise plus rien contre cette envie envahissante de sa fleur, qui n’était pas réellement tout à fait rose. Comme un alcoolique désespéré devant une fiche publicitaire de vin rouge trouvée par terre, il suffit que le cœur croise voire imagine seulement la silhouette de sa rose pour qu’il rechute de nouveau. Rappelé à l’ordre en vain, la raison évince le cœur de toute responsabilité. Depuis, le conflit perdure, à part les AE, le cœur refuse toute autre concession.         

          La guerre continue donc tant que cette fleur existe, tant que le cœur refuse d’entendre la raison, tant que la raison n’arrive guère à convaincre le cœur que sa belle et savoureuse rose n’est qu’une vivace fleurette berbère, à mettre rapidement aux oubliettes; simple question de survie. La raison demande désespéramment au cœur: «classons toute cette histoire au terroir du passé et avançons de notre présent vers un avenir prospère et honnête où les bonnes saveurs reflètent les vraies beautés». Le cœur réplique sans trop y réfléchir: «notre passé n’est jamais derrière nous car notre présent est la continuité de notre passé. Nous vivons notre passé dans notre présent. Ce même présent nous conduit vers une multitude d’artères incertaines. Je refuse de lâcher un acquis pour un pari incertain, quitte à vivre dépendant de cette soi-disant drogue. Comme dépendance et handicap, il y a pire ! Je refuse de me rendre, bien chère raison. Je continue le combat jusqu’au dernier battement en moi et jusqu’à l’écoulement de la dernière goûte de sang dans mes veines comme tu le feras certainement jusqu’à l’épuisement de ton dernier neurone. Tu es une raison que je n’ai pas et je suis un cœur que tu n’as pas. Au temps de trancher qui a raison et qui a  cœur tort».    

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LE FEU DU PARADIS

26 Janvier 2011 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #J'écris

                            

  Chronique du Jasmin

 

LE FEU DU PARADIS !

 

Par Samir Ghezlaoui


         El-Bouazizi, voilà un nom à retenir par l’histoire humaine. Ce diplômé, vendeur à la sauvette, contrairement à plusieurs milliers, voire millions de ses congénères maghrébins, a su être utile pour son peuple, sans être orgueilleux et sans chercher une gloire hypocrite. Cet inconnu, venu de la profonde Tunisie, a pris en contre pied les grands analystes, les politologues chevronnés et même les éminents experts en géopolitique qui pensaient tous que la machine Ben Ali n’était pas prête à s’arrêter de sitôt.  Cet autodestructeur a pu effacer, à jamais de nos mémoires collectives, le cliché mentionnant que le tunisien est passif à force d’être pacifique. Il a reconstruit, entre autre, le mythe disant que le maghrébin est rebelle, sans se soucier des détails concernant ses origines géographiques. Ce martyr d’une cause juste, a prouvé pour ceux qui l’ont humilié qu’il valut beaucoup plus qu’ils le supposaient. Il pouvait choisir une autre façon de mettre fin à sa vie d’homme touché dans sa dignité. Il aurait été ainsi un vulgaire et lâche suicidaire qui n’avait pas le courage d’affronter la vie en face. Non, lui a choisi une «mort plus citoyenne», se sacrifier pour que les autres vivent en paix et prospérité sans autant délaisser la liberté et la dignité. C’est là que commence cette histoire révolutionnaire du Jasmin, tout à fait au sud, à Sidi Bouzid, pour être plus reconnaissant à cette contrée aux profondeurs du Grand Maghreb.

         Un seul homme s’immole et c’est tout le sud tunisien qui prend feu. Telle une trainé de poudre, l’épidémie brûlante plus qu’un magma volcanique gagne le Palais de Carthage pour exprimer le marasme social généralisé. Un deuxième mort, un troisième, puis on est déjà à dix morts, bientôt une trentaine de victimes de l’automatisme à tuer téléguidé par madame, ah pardon, M. Ben Ali. A partir de ce moment, le nombre de morts ne compte plus, le peuple comme un seul homme crie son ras-le-bol, il s’est complètement débarrassé de son complexe. Désormais, la peur a changé de camp. Et hop ! Le pyromane du matin joue au pompier le soir. Faisant appel à sa pensée maligne de professionnel, il voulait jouer les héros en contenant ses propres feux. Mais il a dû avoir une insomnie la veille, car il n’a pas bien mesuré la gravité de ses agissements malhonnêtes. Pris en flagrant délit, il essaye quand même de se procurer des bouc-émissaires. C’est la faute de mes conseillers, dit-il, non c’est ta faute, «Pars», lui répond le peuple. C’est la faute à mes ministres, dit-il encore, non c’est la tienne, «Dégages», lui demande le peuple. C’est la lassitude de tout le monde sauf moi, et surtout ma famille, dit-il pour la dernière fois, le peuple lui ordonne, «maintenant casses toi». Plus vite que Seddam sous les chars américains, la légende Ben Ali, imbattable, part en éclats sous l’assourdissante voix de la Tunisie, enfin libre de parler et de s’exprimer sans crainte de représailles. Comme à l’effet d’une baguette magique, le «lion indomptable», expérimenté de 23 ans de règne sans partage, se transforme en un lapin domestique qui supplie ses amis européens de lui offrir une «niche» comme refuge pour lui et sa femelle avec ses 1500 Kg de «carottes en or». Ironie du sort, il ne trouvera ce «trou» qu’au pays des voilées, ce voile qu’il a interdit sauvagement pour ses concitoyennes, désireuses le porter.

         Le lendemain, tous ses amis dans le monde politiquo-médiatique, local et international, se retournent contre lui. Ils sont obligés, eux aussi, de suivre la partie victorieuse dans cette confrontation, qui se montrait pourtant à ses débuts inéquitables, faute de quoi, ils rejoindront les cendres du «Système Ben Ali». Telle est la fin, idéale, d’un dictateur de la race d’Ezinne: lâche, humilié et en plus voleur. L’histoire se corrige d’elle-même, et ici, comme dit l’adage populaire arabe «aâibra liman yaâtabir» (Un exemple pour ceux qui veulent s’inspirer NDLR). Tous les membres de «la frange Ben Ali», à travers le monde sans exception, sont concernés par l’effet dominos, et plus particulièrement dans le monde arabe. Plus grave, encore, que le jeu des dominos que nous maîtrisons parfaitement au point où on «domine» grâce au vulnérable «doublé six», le vent tout chaud, tout violent, qui se dégage de ce petit pays qui est la Tunisie pourrait suffire comme allumette d’une explosion dévastatrice dans le reste des pays qui vivent dans le même air électrique.

         Pour éviter le même sort que leur ancien «frère», ou pire, et empêcher un tel volcan de se déverser, les responsables de ces pays doivent arrêter immédiatement de jeter de l’huile sur les flammes allumées par des dizaines d’«El-Bouazizi». Ils doivent, absolument, mettre un terme à leur politique de fuite en avant et proposaient de vraies solutions pour les vrais problèmes qui rongent leurs sociétés. C'est-à-dire, instaurer une politique de partage équitable des richesses, démocratiser la vie publique et politique, l’ouverture non conditionnée des champs médiatiques, réformer la justice et l’éducation et enfin, mais surtout, garantir un poste de travail et un cadre de vie décents pour chaque citoyen, en menant des projets économiques plus intelligents et en cessant de se contenter uniquement de cette position, à la fois le pourvoyeur de la matière première et le marché des pays industrialisés. Ainsi seulement, nos gouverneurs peuvent espérer une fin plus heureuse que celle du régime «Ben Ali-Trabelssi», au lieu de vider les caisses publiques pour des solutions superflues, de maquillage, et en devenant des muftis qui pénalisent, religieusement, l’immolation par le feu. Ces soi-disant interprètes de l’Islam n’arrêtent pas de formuler des sentences à la commande. Et ben, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, en tout cas moi (l’opprimé), en bon croyant en la justice divine, je suis persuadé que le feu peut être un signe du Paradis et pas forcément de l’Enfer, et il y a une preuve concrète; notez la bien: Mohammed El-Bouazizi ! Tachez de ne jamais l’oublier.

                                                           

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