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Blog de Samir Ghezlaoui

Benbouzid n'a pas retenu… les leçons ! *

17 Février 2010 , Rédigé par Samir Ghezlaoui Publié dans #Actualité

Les syndicats et les parents d'élèves en ont ras-le-bol

Benbouzid n'a pas retenu… les leçons !



Par Samir Ghezlaoui

 

Le débrayage dans le secteur de l'éducation nationale mené par le syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (SNAPEST) a connu, durant son deuxième jour, une légère augmentation du taux de suivi avec l'adhésion de nouveaux établissements scolaires. Du moins c'est la synthèse faite par le président de cette organisation syndicale, Meriane Meziane, joint hier par téléphone. " Nous avons signalé de nouveaux lycées qui ont rejoint la grève ", a-t-il affirmé. Répondant aux chiffres officiels concernant le taux de suivi annoncés par le ministère de l'Education nationale, notre interlocuteur les a qualifiés de " ridicules ". En refusant de céder à la guerre traditionnelle des chiffres, le responsable du SNAPEST a, tout de même, donné quelques précisions. " Le ministère parlait de 3% comme taux de suivi, soit au total 1800 grévistes au niveau national. Hors, si on prend l'exemple de la wilaya d'Oran où le taux de suivi de la grève dans son premier jour a frôlé ses 100%, soit plus de mille grévistes, on comprendra que les statistiques de notre tutelle ne tiennent pas la route. Autrement dit, ce chiffre est erroné ", a-t-il expliqué. Selon le même syndicaliste, on veut seulement minimiser l'importance et l'impact de cette action de contestation, " comme d'habitude ". Le porte-parole des enseignants contestataires, a accusé le ministre Benbouzid de vouloir discréditer les militants syndicaux aux yeux de leurs bases et aux yeux de l'opinion publique nationale avec sa méthode de communication. En tout cas, dit-il, en faisant appel à un adage populaire, " il veut cacher le soleil par un tamis. Toutefois, nous restons déterminés à poursuivre notre grève et notre lutte jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites ".

Le ministre assumera l'année blanche


Le président du SNAPEST a, par ailleurs, mis en garde le ministre de l'Education d'assumer, à lui tout seul, les retombées d'une éventuelle année blanche. Dans le même sillage, le porte-parole du conseil des lycées d'Algérie (CLA), Achour Idir, a qualifié les statistiques communiquées par le ministère à propos du taux de suivi de la grève dans ce secteur de " mensonges et de langue de bois ". Le responsable du CLA estime, avec des propos à peine voilés, que Benbouzid n'a pas retenu les leçons des actions précédentes en optant pour des " faux débats et des déclarations contradictoires stériles " dans l'unique but de semer le doute et créer des divergences au sein même des organisations syndicales. " La tutelle a peur que le mouvement syndical et l'entourage social s'unissent, donc elle tente de diviser et dessouder les rangs des enseignants et les autres fonctionnaires qui font preuve de résistance et d'une détermination d'aller de l'avant dans leur lutte de dignité ", a-t-il souligné. D'ailleurs, " le ministre a prouvé depuis plusieurs années, qu'il s'en fout pas mal des enseignants et même des élèves. Son seul et unique but c'est de donner un rapport doré à la fin de l'année scolaire faisant état du taux de réussite aux examens de fin de l'année dans les trois paliers sous sa tutelle ", a estimé Achour. Ce dernier pointe du doigt Benbouzid qui, selon lui, se focalise uniquement sur la rentrée scolaire et son achèvement au détriment de la qualité des cours et le niveau et la situation pédagogiques qui se dégradent de plus belle. " Il faut savoir que cette année par exemple, au moment où je vous parle, nous enregistrons un retard de 50% dans l'application du programme scolaire ", a-t-il précisé. Pour les prochaines actions du CLA, notre interlocuteur a confirmé la tenue d'une grève d'une semaine renouvelable à partir du 21 février. Ce syndicat envisage également un rassemblement le 24 février, probablement, devant le Palais du gouvernement à Alger. Ce sera une sorte de contribution à l'action commune annoncée par plusieurs syndicats de l'éducation nationale prévue pour cette même date où prendront part, notamment, le CNAPEST, le SNAPEST et l'UNPEF. Les parents d'élèves, de leur côté, vont faire bouger les choses dans les quelques jours à venir. Les porte-parole des premières victimes de ce bras de fer entre les syndicats et le ministère de l'Education se concertent pour trouver des solutions protégeant l'intérêt de leurs enfants et éloigner le spectre de l'année blanche qui pointe à l'horizon. Ces solutions seront sous formes de médiation entre les deux parties antagonistes ou plus radicales, quitte à faire appel à la justice. Effectivement, les associations des parents d'élèves pensent sérieusement à ester en justice les responsables de ce blocage qui met en jeu l'avenir de leurs enfants.
Selon leurs divers avis, les responsables peuvent être des deux côtés.
D'abord, les syndicats qui pénalisent les élèves avec des grèves répétées et ensuite le ministère de l'Education qui refuse de prendre au sérieux les syndicats et satisfaire leurs revendications légitimes.

 

In Tribune Des Lecteurs du 18/02/2010

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